Une soirée exceptionnelle à bien des égards. Déjà, le programme est fichtrement original : beaucoup de Ravel, un Bartok. L'orchestre de Paris sait surprendre. Avec Josep Pons et Boris Berezovsky à l'affiche, la salle affiche quasi-complet. Avec la souris, on est même obligés de se rabattre sur un rang CC central : c'est proche, mais on est au coeur de l'action. Et de l'action, il y en a eu !

Dans le hall de la salle Pleyel, l'heure est au rassemblement. Je trouve un Serendipity (maintenant qu'il a fait son outing, je peux enfin lui coller son vrai pseudo) juste avant de baiser ma souris ; Xuelynom finit par être attiré par mon chapeau, c'est notre première rencontre en 3 ans et demi de commentaires ; l'ami berlinois passe, mais il est encore accompagné ; le couple d'aristos passe (ouais mais non, on n'est pas encore assez hype) ; on n'attend plus que Lea, naturellement inratable, comme il se doit (on est au courant de son arrivée par une augmentation soudaine des déplacements d'air) ; finalement, l'ami russe arrive à l'arrache, comme d'hab'. Dans la salle, Laurent & friend sont au rang C de côté : viendrait-il à notre sauterie de 2nde partie de soirée, lui aussi ? On a beau avoir l'âge de toutes les réponses (à la vie, l'univers, etc), ça n'empêche pas de répondre que non ; tant pis, il se fera assez martyriser à l'entracte par Lea.

On débute par le premier Maurice Ravel, "Alborada del gracioso, pour orchestre", qui est un sacré morceau hispanisant, comme quasiment toute la soirée. Chez Ravel, tout finit par une explosion, faut-il croire ; on en est ravi. Suit un Béla Bartok, concerto pour piano n°2, avec le Berez' derrière le piano, qui tape, qui tape (le piano finira aux urgences, je l'ai même vu trembler à l'approche des bis, "Asturia" d'Albéniz -- parce qu'on est dans l'Espagne --, et une "danse hongrois" [sic] ). Quelle bête... Lea et Laurent en deviseront durant l'entracte, surtout la première, surtout pour des raisons dépassant le cadre pianistique. L'ami russe réapparaît tout à la fin de l'entracte : il faisait justement une séance de shooting avec Boris, dans sa loge (il faut bien avouer qu'il est bien plus débrouillard que Lea, celle-ci ayant d'ailleurs encore claqué 60€, alors que tout le monde était en mode ninja -- sauf Laurent, évidemment) (mais manifestement, Lea compte bien s'instruire auprès de l'ami russe).

Suite des festivités avec "Shéhérazade, trois mélodies pour soprano et orchestre", toujours de Ravel, avec Nora Gubisch aux cordes vocales. Elle articule fort bien, et de fait on peut laisser tomber la lecture du livret. Il paraît qu'elle a foiré son aigu, et que c'était pas terrible dans l'ensemble ; ma foi, moi j'ai bien aimé (sans avoir aucun point de comparaison, ni être un ayatollah du chant). Il suit une "Rhapsodie espagnole, pour orchestre", qui comme les autres pièces raveliennes fait environ un quart d'heure. Ça commence tristement, mais quand ça part, ce n'est pas à moitié. On finit assez ébouriffés.

Et puis, et puis, le "Boléro, pour orchestre" : alors là, les enfants, c'est p'têtre un peu tarte à la crème (quoique, je me demande si ce n'est pas le premier que je me fais, en concert, allez le second maxi), mais bordel, quand c'est interprété comme ça, avec un orchestre en transe... D'ailleurs, on s'est même demandé si ce n'était pas le chef qui suivait, à la fin ! Deux petites batterie en plein centre de l'orchestre, pour un meilleur effet sur la fin. La question était de savoir si l'on se reculait pour les harmoniques, ou si l'on restait au rang CC pour être au coeur de l'action et s'en prendre plein les oreilles. C'est vrai qu'en étant si près, Lola était cachée par un violoncelliste, et la souris devait se pencher pour apercevoir "son copain", luigi/speedy gonzales à la contrebasse. Mais on était vraiment transcendé, monté en neige par la battue du chef en même temps que les autres musiciens. Très belle expérience.

Fin du concert à 22h30 : on retrouve Klari dans le hall, direction le Do Ré Mi, bar des ouvreurs & musiciens, où l'on se fait un after avec l'ami russe, Xuelynom et Serendipity. Lea à l'animation, cela va sans dire. Ça déconne beaucoup, quelques photos hautement compromettantes sont tirées. On doit cependant vider les lieux une heure plus tard, faute de RER (d'ailleurs, le 00h24 a disparu pour un 00h44 : autant dire que finalement, on n'était pas si pressé que ça...). En sortant, Lola est aperçue (avec un jean qui mettait fort bien en valeur sa taille 36, dirons-nous) : on veut me outer, mais je résiste. Gardons les fantasmes en l'état.