Je ne sais plus trop ce que j'avais à dire pour ce billet hebdo... Alors passons directement à la nouvelle-qui-tue : les tarifs de l'Opéra National de Paris, pour la nouvelle saison 11-12, élaborés en étroite relation avec le ministère des transports et les ministères du tourisme de différentes villes civilisées pratiquant en Europe des tarifs normaux (ceci inclut même la Norvège). Il suffit de mater les tarifs de "Faust" de Gounod : 5€, 15€, 40€, 75€, 105€, 130€, 150€, 170€, 180€. Sans rire. Heureusement que l'ONP est là pour nous apprendre que la crise n'existe pas. Avec +10% d'inflation pour la seconde année consécutive, j'aimerais beaucoup que mon patron m'augmenta d'autant (pour info : 0% en 3 ans, ce qui ne tient pas compte de l'inflation, sinon ce serait négatif).

Mais le Président de l'opéra nous dit toujours vouloir en faire profiter le plus grand monde. Le monde entier, quoi, les japonais, les russes... Et comme une place d'opéra est actuellement financée à 50% par l'État, nos impôts serviront donc très justement à financer les plaisirs de nos touristes étrangers. On pourra toujours se targuer de 96% de remplissage cette année (en ignorant les grands perdants de la redistribution budgétaire culturelle), au beau fixe, tant qu'aucune étude sociologique sur le public n'aura été menée.

Sachant que l'AROP joue déjà le système de discrimination tarifaire consentante (les membres fortunés paient plus cher, parfois pour souper et se faire bien voir : c'est un service), on se demande grandement quel est l'intérêt de faire exploser les bas tarifs. Mention spéciale aux abonnements jeunes, 90€ pour 3 opéras + 1 ballet, et 60€ pour 4 ballets (fixe) : sachant qu'aucun règlement fragmenté n'est possible, je me demande si ces braves gens ont déjà vu ce qu'était un jeune, en France. En tout cas, je vous invite à faire un tour du côté des pass jeunes, ça sent le XVIème depuis septembre.

Cette semaine, c'était la journée de la femme. Justement, il y a peu sortait un article sur Libé, totalement crétin. Aliocha a fort bien répondu. J'ajouterai qu'il est fortement pénible de ne pas savoir si un commentateur est une commentatrice jolie (sinon, je m'en fous) ; je vous prierai donc de me donner des indices, merci.