Rien ne nous prépare jamais à cela. À peine installés, quelques minutes avant le concert, à notre bout de rang A impair, l'ami japonais et Serendipity (qui pour le coup porterait fort bien son pseudo) attirent mon attention sur le rang E. Il y a une petite chose, à côté d'un vieux monsieur ; "c'est ma copine !", lance le premier bougre. J'écarquille les yeux : mais non, c'est MA fiancée ! Eh oui, chers amis, en ce mercredi soir à Pleyel (et je pense aussi à l'instant où j'écris ce billet), pour le premier concert de l'orchestre de Paris, Yuja Wang était parmi les invités. Yuja en civil : micro-robe noire, air ado rockeuse sur le retour, mastiquant le chewing-gum de manière fort ostentatoire. Ça alors !

Venait-elle pour le Prokofiev de départ, la symphonie n°1 "Classique", celle dont on ne peut plus retrouver plus fabuleuse interprétation après le Gergiev/LSO ? Apparemment, non. Pourtant, à la baguette, Christoph Eschenbach, exceptionnellement de retour, était fort bon, adoptant un tempo semi-rapide, et poussant un peu l'orchestre (c'était très bien, mais après le LSO...).

Yuja venait manifestement pour Emmanuel Ax, un vieux de la veille au bon teint. Deux oeuvres au programme : le Capriccio pour piano et orchestre de Stravinski, tellement bon (j'avais bien dit à la souris que c'était Balanchine qui avait chorégraphié dessus : Rubis ! -- v'là pourquoi elle n'est pas numérotée), puis le Concerto pour piano en ré majeur, Hoboken XVIII, 11 (étrange dénomination, le programme reste muet sur ce point) de Joseph Haydn, une oeuvre historique de 1765, à l'époque où le concerto pour pianoforte balbutiait encore, de telle sorte que le clavier chantant fait plutôt dans l'accompagnement d'orchestre. Le rappel est tout mignon tout plein aussi ; un indice ?

Entracte : Yuja passe à côté de moi, fort encadrée ; érection (de mon siège) ; elle a un bassin très praticable ; mais c'est vraiment de la pédophilie à ce niveau de petite chose (tant pis, faut voir comment elle s'habille, je plaide la circonstance atténuante). Avec l'ami japonais, on devise sur ses difficultés financières : en effet, dimanche matin, sa robe était extrêmement courte (j'ai raté ça, damned !), très peu de tissu. On attend patiemment qu'elle revienne, d'autant que par chance j'ai toujours la place du concert de samedi sur moi ; elle ne réapparaitra pas. J'apprends d'ailleurs que le jeudi, ce sera Lang Lang pour un concerto #3 de Beethov', ce qui explique doublement pourquoi j'ai opté pour le concert du mercredi (Serendipty approuve fortement). Au rang E, à la place de Yuja, il y a Emmanuel : tout de suite, c'est moins sexy (la question est donc : où est allée Yuja ? Vu comment elle était habillée, toute les hypothèses sont permises).

Rater une aussi belle symphonie n°5 de Dmitri Chostakovitch est pourtant passible d'une fessée sans pitié (votre serviteur se portant volontaire pour l'administrer, évidemment). Quel bonheur, mais quel bonheur ! On termine à 22h40 dans l'extase parfaite. Dommage que l'on voyait aussi mal Lola (mais inutile de la voir pour jouir, n'est-ce pas aussi fabuleux que cette faculté ?) (évidemment, tout le monde se demande : alors, Lola ou Yuja ? Eh bien voilà qui met le doigt sur une question délicate, mais sans test consommateur poussé, difficile de se prononcer).