mais qui rédemptera Lea ?
Par palpatine le vendredi 15 avril 2011, 01:53 - ... et les arts - Lien permanent
Il y a des offres qui ne se refusent pas. Sortie ninja du boulot à 17h20, arrive peu après 17h45, les camions de ciné sont rangées rue Clément Marot, près du Théâtre des Champs-Élysées : ils ont dû avoir vent, eux aussi, de la venue de Lea -- que mille roses poussent sous ses Najar en satin. Son accompagnateur, récupéré comme sa place de Laurent, est déjà là ; et moi, je récupère donc la place de la sublimissime Lea, chaises musicales. Au passage, j'ai même gagné une place pour Pelleas ce dimanche, Laurent était le héros absent de la soirée (on me pose souvent la question : oui, il bosse, la preuve).
Une fois au second balcon, je rencontre des grumeaux de ninja, et attendent patiemment le top-départ pour se replacer : mince alors, je quitte ma place de 3/4 et me retrouve de face avec les amis, au troisième rang (à noter que les ouvreuses étaient charmantes : je crois que l'endroit redevient fréquentable). Mis à part une trotteuse maléfique (faut arrêter avec ces montres de merde, ça devient pire que les guignols à montre LCD qui ont le "bip bip" toutes les heures) et un crevard qui nous refaisait Amofortas avec ses quintes d'éternuements, ça pouvait aller -- si l'on ne tient pas compte non plus de la barre de sécurité qui gâche la vue, mais ce théâtre a été designé par des nains crétins, on a des preuves.
Une bonne rangée de ninjas, donc. J'ai compté 29 personnes identifiables dans la salle. Mini-Brunnhilde était sur la même rangée, ça faisait une éternité que je ne l'avais point vu (et si vous ne savez pas à quoi elle ressemble, vous ne pouvez pas comprendre à quel point c'est terrible) ; au premier entracte, j'ai croisé le couple de vieux compères (c'est Vrai Parisien et Guillaume dans 30 ans -- ils étaient aussi là, d'ailleurs), ils m'ont aussi dit qu'ils me voyaient depuis les hauteurs, à Pleyel, avec mon chapeau. Bon, je suis visible, mais il faut se faire connaitre !
Notre positionnement de replacement était idéal : juste en dessous de la fresque Wagner, où figure, plein centre, Parsifal. Le niais héros de la soirée.

La dream team que cette programmation de "Parsifal" au TCE :
Kent Nagano : direction
Nikolai Schukoff : Parsifal
Angela Denoke : Kundry
Kwangchul Youn : Gurnemanz
John Wegner : Klingsor
Michael Volle : Amfortas
Steven Humes : Titurel
Orchestre et Choeur de la Staatsoper de Munich
Tölzer Knabenchor
Même si c'est cinq heures d'opéra (fin à 23h20, ça a commencé un poil en retard, et 45 + 25 minutes d'entractes), en pleine semaine, faisant qu'au fil de la soirée le théâtre s'est grandement dégarni (on a assisté une véritable ascension sociale de ninjas...), il était réellement impossible de ne pas y aller.

Ne serait-ce que pour Angela Denoke, qui reste la grande héroïne de la soirée -- pour la plus grande satisfaction de Lea, qui love Kundry. Mais entre Gurnemanz et Amfortas, difficile de faire la part. En fait, le moins bon de l'histoire, c'était la star Parsifal ; il manquait de voix au second acte (mieux au troisième, où l'orchestre est moins poussé), un peu sec comme dira l'un des protagonistes de la soirée, Tamino, manque de ligne de chant comme a dit l'ami berlinois. M'enfin, ce n'était pas terrible non plus, en dessous c'est certain.
C'est le reproche que l'on pouvait formuler à l'encontre de cette soirée exceptionnelle, avec une direction un peu analytique de Nagano (mais néanmoins techniquement irréprochable, sans trainer) ; en fait, ce qui m'a le plus gêné, ce sont les cloches, quasiment absentes (si on ne sait pas qu'elles sont là pour tendre l'oreille, on ne s'en rend pas compte, alors que c'est un sacré climax normalement ! Serendipity a repéré des hauts-parleurs qu'il soupçonne d'avoir été mis à profit au dépend de vrais instruments...). Symptomatique, mais pas de quoi nous empêcher de standing-ovationner, finalement.

Même les filles-fleurs étaient géniales. Et très baisables pour quatre d'entre elles, c'était très crédible dans le rôle ; mention spéciale pour le clone de Naomi Watts, au centre (robe kaki comme mes pompes et Lea -- sa robe, évidemment, et non son teint de jeune fille).
On remarque que par ailleurs, Wagner attire la jolie demoiselle ; outre mini-brunnhilde et kaptation (qui a mis ko d'un coup de karaté verbal un voisin malotru avec son hochet -- crétin, et le mec conteste en plus, récidive aggravé et refus d'obtempérer --, faut pas l'emmerder celle-là !), la demoiselle qui s'est replacé devant moi (chaussures rouges à ruban) a surpassé la rousse brouillonne en robe noire croisée à l'entracte. Retenez : Wagner est équivalent à Mozart en capacité de rassemblement de jolies filles (fleurs ?). C'est d'ailleurs là que vous aurez le plus de chance, muni votre appareil photo de safari, de croiser la Lea sauvage, espèce protégée, qui peut surprendre et faire peur (surtout quand elle est en chaleur).
Car cette soirée, c'était aussi de la bonne déconne, avec des amis, du critique célèbre (mis dans un état critique), du facebookien amouraché (les phéromones numériques de la Lea sauvage sont impressionnants), et même un compositeur qui devait venir avec sa lance (sic), mais est surtout parti précocement (comme quoi...). Le tout évidemment purement innocemment. Surtout si l'on dispose de lance rédemptrice.


Commentaires
J'ai entendu les cloches, mais il m'a aussi semblé évident que c'était enregistré (en page 5 du programme, la composition de l'orchestre ne mentionne pas les cloches) ; un peu de volume en plus pour ces cloches n'aurait pas fait de mal .
(On ne dit pas plutôt « Qui rédimera Lea ? ».)
Certainement, mais c'est pour reprendre l'insistance lourdingue de la rédemption du rédempteur... à rédempter (et hop, j'invente un mot, parce que c'est comme ça).
Au passage, les différents personnages non-encore amis facebookiens peuvent me solliciter sans problème ! (moi je vais faire une recherche sur les demoiselles, surtout)
Ma parole, vous avez fumé les cinq étages de tapis d'escalier du TCE ? ;-) Vous en avez laissé pour ceux qui vont écouter Pélléas et Mélisande dimanche ?
N'ayant pas assisté à l'opéra (on dit opéra même quand ce n'est pas mis en scène ?), ce que je trouve dément, c'est l'heure de postage du billet. Genre la soirée n'avait pas été assez remplie comme ça - à moins que ce ne soit le trop plein, au contraire.
Puis ça suffit!
Depuis ce matin je ne dis rien, mais enfin, une question s'impose bien : POURQUOI FAUDRAIT-IL ME REDEMPTER?
PFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF
Ah oui, punaise !
L'heure de postage du commentaire de Joël prouve sans conteste possible que Wagner cause des insomnies.. Après mon petit Beethoven à la Cité de la Musique, j'ai dormi comme un loir, moi.
@Klari: ah bah ça, c'est sûr, c'est une propriété scientifiquement reconnue !
@Lea: on sait, on sait que tu sais (ref).
Hallucinant le streaming : j'adore!!
En même temps 2.4 millions à la clé : tu mes les dois puisque tu m'accuses...
Ça me rappelle la joke psy que j'aime bien : "Sois pas parano! Arrête un peu! Mais, méfie-toi quand même".. :-)
Je viens juste faire un petit coucou... J'ai lu Klari et son allusion à la cité de la musique. J'y étais aussi, et même si j'ai bien conscience qu'on ne peut pas être partout, vous avez quand même raté quelque chose là-bas! Emmanuel Krivine et sa Chambre Philarmonique, c'est à écouter.. et voir!
@B#5 : tout à fait ! je n'y étais que le jeudi, mais je pense que je vais picorer les autres symphonies sur citedelamusiquelive.tv (j'espère ne pas avoir oublié un bout du nom du site..)
l'avantage d'un concert d'une durée décente, c'est qu'il n'exige pas de poser une RTT ou équivalent, le lendemain !
Ah mais ce citedelamusique, c'est le Graal tant attendu pour avoir de la musique classique au bureau ! (tout le reste est filtré)
Merci bien !