le retour du champignon
Par palpatine le jeudi 21 avril 2011, 01:08 - ... et les arts - Lien permanent
Habituellement, on embellit les souvenirs, même douloureux (c'est ce qui fait que d'une année sur l'autre, on reprend une place pour Jan Fabre). Mais pour Mats Ek, ça a été le contraire : le souvenir que j'en ai gardé, c'est que c'est nul. Pas vraiment détestable, mais consternant en tout cas. Je pensais que c'était "Appartement" qu'on allait voir ; en fait, je me suis trompé de saison, ça c'est pour 2012. Je ne le savais pas encore en faisant la queue de dernière minute avec la souris, précédée d'Amélie et une amie que nous nommerons mini-bourgeoise (ça risque de devenir un personnage apparaissant de temps à autre), sachant que Serendipity était arrivé encore avant.
Incroyable mais vrai, il aura fallu attendre les retours en toute dernière minute pour obtenir nos sésames ; de fait, alors que la souris est au balcon et que je retrouve mini-bourgeoise au quatrième rang de parterre pair, j'ai à peine le temps de voir sur le programme qu'il ne s'agit pas du tout d'Appartement. En fait, je vais l'apprendre rapidement, c'est exactement le même programme que la dernière fois. C'était alors la première (et la création de la première pièce), et justement, ce soir, c'était aussi la première. Répétition à deux ans (moins une semaine) d'intervalle.
Je m'étais donc pourtant dit que non, jamais plus jamais ce machin non identifiable. "La maison de Bernada" raconte une histoire, mais on y comprend nada. Tout au plus identifie-t-on du catho-bashing gratuit. Et puis des danseurs qui parlent, c'est déjà suspect ; alors quand ils crient, n'en parlons pas. Ça part vraiment dans tous les sens. Par rapport à 2008, je me demande si les danseurs ont effectivement le droit de se balader avec un voile sur la tête ; j'ai pas osé demander à Bernie, à l'entracte.
Retenons ceci : de José Martinez, Marie-Agnès Gillot (qu'on ne sent pas trop se forcer pour le flot d'insultes marquant son arrivée fracassante sur scène), Ludmilla Pagliero, Clairemarie Osta, Charlotte Ranson, Aurélia Bellet, Amélie Lamoureux (Stéphane Bullion et Andrey Klemm), la plus baisable, c'est toujours Charlotte Ranson. En deux ans, rien n'a changé là non plus. Formidablement magnifique.
Après ces 55 minutes plutôt pénibles, un peu de pipolisation pour se dégourdir les jambes : je tombe, en sortant, sur Patty, qui du coup me serre la patte ("bein on se voit tous les soirs, maintenant !", lui dis-je), et comme je récupère ma souris, j'abandonne les balletomanes pour grimper à l'AROP, pseudo-réseauter un peu. Alors que je suis avec Jean-Yves (j'ai oublié de lui demander s'il y avait un autre moyen pour se ré-aroper que d'envoyer un foutu chèque par la foutue poste -- chers administratifs de l'AROP, pourriez-vous me téléphoner que je vous file mon n° de CB comme un gent civilisé ?), je m'aperçois que la souris s'est échappée. Ciel ! Je jète un rapide coup d'oeil, serre la main de Bernie & accompagnateur (vous savez, heu, comment il s'appèle, s'occupe des danseurs, là...), et repart aussitôt (du coup, j'ai raté Bribri, arrivée ensuite, et qui était en grande discussion, à la sortie du salon, avec Patty, avec laquelle elle partage la qualité de devenir plus belle au fil des ans -- il doit y avoir du partage de bonnes adresses, aussi).
Fin de la séquence pipole, retour à la dure réalité champignonesque : "Une sorte de...". Le titre ne me disait plus rien, mais oui, le même second ballet, avec les mêmes personnes, Le Riche/Daniel, Kudo/Pech ; Zusperreguy en bonus parmi les seconds couteaux (deux fois six) ; j'ai essayé de lui tirer le portrait depuis mon rang avancé (parfait pour mater Le Riche, souvent en face, par dessus l'avancée sur la fosse ajoutée durant l'entracte -- il m'aura pourtant fallu un certain temps pour le reconnaitre, sans cheveux), mais pas moyen, elle bouge trop. Terrible déception floutée.
Cette pièce est donc incompréhensible, et surtout : c'est une véritable génocide de ballons. Je rappèle que je suis membre de la Société Protectrice des Ballons, et je dis donc que c'est une honte. Ne tuez pas les ballons !
Je serais infoutu de dire qui a bien ou mal dansé. Ce truc, je n'y comprend juste rien. Ça passe pendant 35 minutes, on repère une grammaire propre du chorégraphe mêlant lyrisme et retenue des mouvements (c'est la tektonik du ballet), grands moments et grand n'importe quoi, le tout en boucle, mais à part ça, RAS.
À la sortie, on tombe sur Zvezdo, Klari et Joël (et Kaptation en robe, c'est fou) ; je suis au resto avec les deux derniers et la souris, dans un resto thaï rue Ste-Anne, quand je reçois une réponse de Anne : bien sûr qu'elle y était, à cette première (n'ayant pas bien lu le programme, je n'avais donc pas vu que Le Riche était de la partie, donc j'avais smsé en sortant), même... qu'elle m'a dit bonsoir. Et que je ne l'ai pas vu ; la honte, ça fait deux fois que ça m'arrive cette année. Et une super-occasion de ratée, encore ; moi j'en ai rien à fiche de ce qu'il pense des cathos, Mats Ek, je veux un exorciste ! Au moins, ça aurait donné plus d'intérêt à la soirée (fort pipole, on l'aura compris).
Commentaires
> (et la création de la première pièce)
Euh, tu veux dire « entrée au répertoire », non ?
> je me demande si les danseurs ont effectivement le droit de se balader avec un voile sur la tête
Même si je sais que tu connais certainement la réponse, la loi prévoit spécifiquement une exception les manifestations artistiques.
Quand bien même il n'y aurait pas d'exception prévue, il n'y a personne dans le public pour les verbaliser, si?
Entrée ? J'ai peut-être lu de travers, j'avoue.
Pour le voile, je ne me souvenais plus de cette exception. Personne pour verbaliser, mais rappelons que c'est du ressort du tribunal administratif (si je ne m'abuse) ; donc en dernier ressort, le principal concerné était au milieu du premier rang du balcon, ie Bernie.
Pour ma part, j'ai trouvé La Maison de Bernarda super puissant. Une soirée étrange, mais une belle soirée.
Pour la "mini-bourgeoise", ok, je reconnais au niveau du look, c'est vrai. Mais pour le reste, tu te mets le doigt dans l'oeil. Et puis il faut être gentil avec la nouvelle chef de chant de l'atelier lyrique.
Sinon, question existentielle, il est où ce salon AROP que je pipolise un peu moi aussi la prochaine fois ?
Ce "salon" est en réalité un mini-parc à riches (le riche - du moins la riche- est mince, comme chacun sait), où il faut se tenir au garde à vous pour ne pas heurter une coupe de champagne, et qui donne une furieuse envie d'aller gambader dans la galerie au bout de laquelle il est planqué (galerie où il y a eu la remise des prix arop, et le sapin de Noël).
En pour en revenir à ce qui aurait pu être l'objet de ce billet : même si ce n'était pas aussi enthousiasmant que la Carmen découverte à Covent Garden, ce Mats Ek ne m'a pas déplu. Je chercherai le pourquoi du comment sur mon blog.
Bah mini, quoi, format de poche, pratique à emporter partout. Why not ! :p
Le salon pipole est au bout de la galerie des glaces ; le bout à droite en regardant vers la rue. Il y a toujours un ouvreur (ou mieux, une ouvreuse) qui garde l'entrée, pour refouler le touriste qui a vu un mini-bar sans file d'attente. Le salon mesure exactement 10m², soit une haute densité de pipole à partir de quatre personnes (ce qui était le cas, faut pas s'étonner que j'y ai manqué Anne, par ma foi...).
Il faut arrêter de boire.
Récapitulons :
1/ Mats Ek c'est génial, formidable, épatant. La vie, tendre et violente. Le génie à l'état brut, surréaliste-poétique-trivial-transcendant. Pure merveille. Point barre.
2/ Je n'ai pas changé. A part 10 cm de talons pour vous plaire (et pour être raccord avec le salon Arop ?), et visiblement c'est raté.
3/ J'étais exactement à l'entrée du salon Arop en train de saluer un Homme, je me suis détournée pour vous dire bonsoir et vous avez foncé dans le tas en m'ignorant. Comme je vous l'ai écrit : Indifférent. Chapeau.
4/ Je ne suis pas Arop, chaque année j'y pense et puis j'oublie. Acte manqué ? Electron libre je demeure ?
5/ N'oubliez jamais que "Le Riche je ne suis pas fan"... ;-) j'étais donc venue pour Le Riche, Daniel, Kudo, Pech, Martinez, Gillot, Osta, Ranson, Bullion. Entre autres.
A bientôt ? ;-)
Oups désolée ça n'a pas marché et puis ça a doublement marché. je vous laisse corriger. merci ;-)
(Troublée je suis, Roméo & Juliette sont morts ce soir...)
Le lait-fraise aurait-il des effets secondaires insoupçonnés?...
@super-occasion-de-ratée (vous m'en direz tant !) : j'ai beau être alcoolo au lait fraise fermenté (pour B#5 ;) ), je ne bégaie pas, moi, au moins (doublon supprimé -- faut pas s'en faire pour R&J, ça leur arrive tout le temps). J'ai une forte incompatibilité avec l'absurde ; pas ma tasse de thé artistique -- et puis, tuer des ballons innocents, non alors ! Mais je comprends le point, évidemment ; c'est juste too much pour moi (je sais pas, ça a un côté Robyn Orlyn qui me déplait).
Bon, c'était dedans ou dehors le salon AROP ? Au début ou à la fin de l'entracte ? Je revois les deux scènes, il y avait des groupes de gens non-identifiés (dans le salon, au fond, scanné rapidement ; et près du bar, autour de Patty), j'étais troublé par la perte de la souris dans le premier épisode, et en attente de souris dans le second : si ça ce n'est pas de la bonne excuse... ;)
It's cute. Prenez grand soin de votre souris... Et prenons RV, some other time, puisque à Garnier visiblement les fantômes s'amusent... On se rate consciencieusement ! Bon week-end ;-)
(lait-fraise, vraiment ?)
(bien sûr qu'on peut se découvrir une incomptabilité pour "a sort of...") (je dois être l'inverse de vous) (enfin vous à l'envers) (enfin je ne sais pas...)
(ni dedans ni dehors à l'entrée exactement) (vous voyez bien que vous frisez l'absurde) (encore que le dedans et le dehors sont des données toutes relatives... )
J'aimerais bien vous rencontrer un jour, aussi - voir d'où part le regard d'une photographe dont j'apprécie la vision.
(pour ce qui est du lait-fraise, je crois que c'est une couverture : je ne l'ai pas vu en boire un seul en presque deux ans.)
Oh oui, rdv ! Il est trop tard pour ce WE ou pas encore ?