L'orchestre de Paris, ça vous gagne. Quel autre orchestre au mooooonde peut vous apporter autant de joie ? Une fois n'est pas coutume, Anne vient à Pleyel, et pense à me prévenir alors que je suis dans le RER : youpi, enfin, et en plus, y'a la Souris, puisque grâce au tarif de 5€/place, j'ai un double-abo pour l'OdP. Nous devisons donc (forcément) ballet.

Ce qui offre une bien belle transition avec la première pièce au programme : "Trois danses pour orchestre", de Duruflé. De Duruflé, je ne connais que le requiem. Très peu joué (mais que fait la préférence nationale® ?), la pièce de 1932 rentrait au répertoire de l'OdP ! Il n'a pas écrit grand chose, et cet opus 6 de 23 minutes est clairement dans la veine de Dukas : on s'en régale. Qui plus est, les bassons et le contrebasson sont beaucoup sollicités : dans les premiers à être salués, on compte donc Lola (à boucles d'oreilles, ce soir). Définitivement, Duruflé est un type très bien.

Étrangement, la deuxième oeuvre au programme est le 1er concerto de Brahms, que l'on entend tous les mois ou presque. Je me rends compte, cependant, que l'adagio central s'oublie décidément aussi vite qu'il s'écoute. 48 minutes, c'est vraiment long, malgré tout le talent de Lars Vogt, qui sait attaquer le piano. Il nous annonce (sympa !) un rappel avec le nocturne syndical de Chopin. À quasiment 21h45, la question est de savoir si l'on va réellement terminer à 22h30 ce concert.

Entracte, en attendant : je rejoins Anne, et j'ai bien confirmation de ce qui me semblait, à savoir que sa voisine avec laquelle elle s'amuse, bein c'est Kaptation (toujours très miamesque en robe de soirée), tout simplement. Le monde est fichtrement p'tit. Pas le temps d'admirer la robe de Anne (très beau dos, était-ce celle dont j'avais un croquis, d'ailleurs ?), les deux sont en backstage ; pour voir l'hôte-chef-Paavo Järvi, ou le pianiste ? À leur retour, je vois que Kaptation plaisante avec... miss Disney ! (en post-ado trooop mimi) Elle me cache des choses ! C'est quoi ces lectrices ? (todo : cuisiner Kaptation la prochaine fois)

Durant l'entracte, alors que la souris dormait (assommée par le Brahms), j'étais en grande discussion avec un ami ninja, replacé à côté du couple d'aristos (dont l'influence indirecte sur mon évasion sociale est potentiellement énhaurme) ; le monde est p'tit, disions-nous. Alors que la souris éveillée s'était perdue à ma recherche (j'étais à 5 mètres, hein...), nous nous voyons proposer de récupérer les deux places du centre impair, à côté des aristos : parfait pour les harmoniques de la 5e symphonie de Sibelius, une vague émotionnelle intense d'un peu plus d'une demi-heure. Un régal frissonnant.

Un concert où tout le monde affiche un grand sourire à la fin (et celui de Miss Disney vaut le coup d'oeil). Magie de l'orchestre de Paris.