Cette histoire de l'intranet des Mines-Télécom hébergé sur des services Google me rappelle la connerie faite sur un projet important où les différents acteurs se retrouvaient sur Google Wave. Je trouvais d'une bêtise assez immense, et j'avais bien ri lorsque le service avait été arrêté : tout avait dû être rapatrié en urgence...

On pourrait croire que l'informatique est de type haute-techno-à-la-pointe-du-progrès. Toujours est-il qu'il n'y a plus aucune évolution des concepts depuis une bonne dizaine d'années. Les logiciels recoupent les mêmes thématiques (un traitement de texte est toujours un traitement de texte, un tableur un tableur, etc.), on en a fait le tour. Les infrastructures restent les mêmes, et le "cloud computing" est juste du renommage avec un coup de peinture. Quant aux business models, le patron m'assure que le futur est le paiement à l'usage : ça s'appelle un contrat de louage, ou des royalties, rien de nouveau non plus...

On en arrive à un tel point que la nouveau truc hype dans lequel on investit, c'est le javascript côté server. Bon, ça a été inventé en 96, mais surtout : le langage est d'une nullité affligeante, et le but recherché est double, à la fois pouvoir faire programmer un débile léger bac+2 à la place d'un vrai ingénieur (near-shore à domicile, j'appelle ça), et vendre aux clients niais les mêmes prestas pour refondre une énième fois leurs infras sur une techno différente (vous avez bouffé du java ? Vous adorerez le javascript).

Les "services en lignes" sont exactement de ce type-là : les Google Apps présentent des fonctionnalités extrêmement pauvres ("épuré", en terme commercial), et nécessitent d'être tout le temps connecté (avec les aléas que cela comporte). Quand on sait la misère que c'est de faire migrer des solutions proprios vers des solutions libres, avec comme excuses la perte de fonctionnalités (lorsque ça concerne OOo, principalement), c'est juste à pleurer.

Définitivement, l'informatique est morte : plus aucune innovation, on ne sait plus quoi inventer. Le métier va évoluer vers de la manutention, et les types comme moi qui n'auront pas fui deviendront ce que les tailleurs sont au prêt-à-porter chinois : des exécutants de luxe de sur-mesure qui tient dans le temps.