J'avais totalement zappé la fête de la musique. Il faut dire que c'est plutôt à la musique que l'on fait sa fête, ces jours-là : alors que nous sommes au paradis du fruit, avec la souris, on souffre, on souffre... Mais voilà : j'ai été invité par l'orchestre de Paris. Et ça, ça ne se refuse pas, surtout quand l'année précédente, on s'est heurté à une grosse grille pour cause de salle comble.

Un grand merci à Florence Alibert, que je n'ai pas réussi à reconnaître. Enfin bon, n'ayant pas compris ce qu'était le passage Richelieu, nous sommes tout de même arrivé par la pyramide inversée, avant d'arriver au "carré VIP" où se mêlait tout le monde -- j'avais espéré les escaliers, mais finalement seul le dirlo a pu s'y asseoir. C'est très sur le côté pair (heu, jardin), presque en arrière-scène. On croise le p'tit concertorialiste (sans sa femme), qui a reçu la même invite (du coup, on sent tous les deux moins uniques, c'est ballot). Je papote avec Kaptation, qui tient salon tout en restant sur son rang C'. Nous nous asseyons au rang D. Les stars et le staff sont plutôt au rang E', tout est bien. Sauf le coccyx, lui il a gravement souffert : s'asseoir parterre, c'est un truc de sauvage, au moins. Les vieux étaient moins cons, sur leurs petits tabourets dépliables. Ironiquement, le mieux installé était un vieux en chaise roulante.

Le programme, n'avais-je pas vu, est une prédiffusion de la seconde partie des concerts de mercredi et jeudi. Peut-être est-ce là aussi la raison expliquant un moindre monde (tout en restant très prisé), outre que Schumann est moins sexy. D'abord, le Konzertstück pour quatre cors, ensuite le orchestre Symphonie en mi bémol majeur, Rhénane. Début du concert à 22h10.

La première pièce est toujours un moment de vive émotion : le cor est un instrument hautement instable qui peut foirer à tout moment. Ça n'a pas manqué, mais ce n'était pas trop grave. Sous la pyramide, le son est intéressant. La seconde pièce est fort connue, elle se prête bien au lieu. Une petite heure au total, avec césure à l'hémistiche pour se dégourdir un peu les jambes et éviter quelque syndrome de la classe économique (j'ai bien cru en un moment devoir sacrifier une jambe).

Bien sympathique que tout cela. Certains arrivent un peu tard (Jack passe par les escaliers, mais d'où venait-il, au juste ?), d'autres continue la soirée dans l'auditorium, qui sert de vestiaires (forcément Kaptation, qui connaît tout le monde, et l'ami russe, roi de l'incruste). Encore une fois, ça fait un retour à minuit à l'appart' : malédiction parisienne.

Tout cela ne devrait pas nous faire oublier le clou de la soirée, la superbe ouverture visuelle de matage, sur la sublimissime (mais très mal habillée pour la partie inférieure) Lola, au basson. Pâmoison.