Il n'était pas question de rater ce concert, quitte à revenir plus tôt de Londres (ou plutôt de ne pas y rester quatre jours) : vendredi dernier, le philhar de RF nous offrait un de ces programmes que seul un service public peu soucieux de remplir la salle peut nous concocter (quoique c'est plutôt la relation client qui pèche, surtout à ce tarif préférentiel).

Replacé avec la souris, que j'ai réussi à convaincre de venir, au rang B, on commence par une oeuvre que je voulais absolument découvrir : "Illuminations" de Britten. Sur des poèmes en prose (dont une partie de l'oeuvre homonyme) de Rimbaud, Britten crée un univers étrange, tonitruant, complexe et pourtant épuré ; c'est une oeuvre de 1939, alors qu'il avait 26 ans à peine. Christine Schäfer est parfaite, comme d'habitude — on ne l'avait pas vu depuis trop longtemps.

À la baguette, Jukka-Pekka Saraste nous montre l'ampleur de son talent en dirigeant, pour la seconde partie (qui arrive donc assez rapidement, la première durant un peu moins d'une demie-heure), la symphonie n°8 de Chostakovitch, 1943 : la puissance de cette symphonie, qui n'hésite pas à donner dans le grotesque, est impressionnante, aussi près de l'orchestre... Une heure à être emporté.

Dans l'orchestre, notre violoniste favorite claudique mais ne se laisse pas abattre : on est très fan, avec la souris. On termine avec Joël, Serendipity et Hugo à la pizzeria : les afters deviennent une bonne habitude.