"A dangerous method" (titre non-traduit !) est un film hautement intéressant à plusieurs égard. Déjà, la réalisation de David Cronenberg mérite, comme toujours, beaucoup de louanges. Les jeux des acteurs principaux est absolument remarquable : Michael Fassbender (que l'on voit partout ces temps-ci, et on ne va pas s'en plaindre ! Il est polymorphe ce type), Keira Knightley (habituées aux tourments de jeune fille de Jane Austeen, ici bien plus épaisse psychologiquement) et Viggo Mortensen (qui a toujours eu quelque chose me rappelant Fassbender — ou plutôt l'inverse).

Mais c'est surtout le sujet du film qui place très haut la barre, surtout en 1h40 : la genèse de la psychanalyse à travers les personnages (respectivement) de Carl Jung, Sigmund Freud et leur patiente Sabrina Spielrein. Celle-ci est l'élément déclencheur du film : hystérique comme on n'en fabriquait qu'à cette époque du début du XXe siècle, elle est prise en charge par Jung, qui la fait parler selon la méthode de Freud, qu'il na pas encore rencontré. On explore la psyché et à travers elle une société de nantis aux troubles peu avouables, pétris de réprobations sexuelles.

De Sabrina, surtout après l'intervention quelque peu nihiliste de Otto Gross (Vincent Cassel) — un coup de fouet et ça repart ! —, on se concentre sur la relation inter-psychanalystes. Au programme : sur-interprétons-nous, divergeons sur nos pensées doctrinales et enfin... tuons le père. Tout un micromonde d'intellectuels (ou la juiverie revêt un aspect particulièrement important), explorant le monde inconnu (ou non nommé ? Ou plutôt : non objet de soin) de l'esprit et de ses tourments.

Le film a bien des mérites, à nous montrer les relations entre ces trois personnages extrêmement riches. J'en attends avec impatience quelques commentaires d'éclairé(e)s sur ces sujets et leur traitement. Pour ma part, j'ai totalement adhéré : fin, intelligent, pertinent, original. Du très bon cinéma.