Le souvenir de 2008 était lointain mais dès les premiers moments, c'est revenu. Le problème, depuis, est que l'immense succès et les critiques dithyrambiques, plus la mort de Pina Bausch, ont eu deux effets : le premier une augmentation du prix de places à 180€ la première catégorie, ce qui relève du délire intégral ; le second un remplissage à ras-bord de la salle (ce qui illustre bien quelque chose : les inégalités sont devenues extraordinaires par chez nous...). Avec la souris (et le p'tit rat), nous nous faisions éconduire une première fois, le mercredi, en dernière minute : le jeudi, on décide de braver la file d'attente d'après-midi, et on prend deux places où l'on y voit encore quelque chose, soit 25€ chacune au lieu de 12€ habituellement (l'inflation, toujours !). C'est quand même terrible, dans cette salle : aucune réduction pour les jeunes en achat standard en dehors des abonnements (où c'était peine perdue, par ailleurs). Mais ne dénonçons pas plus encore le pseudo accès pour tous à la culture dont on se branle en hautes instances...

Partageons plutôt une superbe soirée, quoique vue d'en haut et de loin, avec Nicolas Paul et la sublime Alice Renavand, d'une beauté, d'une prestance, bordel on en a mis du temps pour en faire une première danseuse ! Dans le rôle de l'Amour : Charlotte Ranson ; ça paraît tout à fait logique, quand on y pense. Elle alterne avec Muriel Zusperreguy, ce qui est tout aussi logique, car c'est aussi un Amour ; mais rien ne se perd, celle-ci était dans le corps de ballet, donc en tenue très transparente, où l'on voit bien les formes et totalement le haut ; c'était extrêmement émouvant, je m'en remets à peine (je prends toute photo en pied ou zoomée, note pour B#5).

Les danseurs sont doublés par des chanteurs de très grande qualité : Maria Riccarda Wesseling (L'Amour/Orphée), Yun Jung Choi (La Mort/Eurydice), Zoe Nicolaidou (La jeunesse/Amour — ouais, c'est un peu ambigu, là, du coup). Le remaniement dans la fosse est aussi profond que la réinterprétation sur scène, mais quelle poésie, décidément... (et je ne parle même pas de Ludmila Pagliero-Amandine Albisson-Caroline Bance-Christelle Granier-Laurence Laffon-Letizia Galloni-Amélie Lamoureux, en plus de Muriel Zusperreguy, souvent renforcées de Charlotte Ranson étant donné le peu d'intervention de l'Amour, juste au moment des sons mélodieux de sa lyre, bref pas les plus moches à habiller en tenue légère)

Oh, et ce Gluck, que l'on connait par cœur... sauf en allemand. La pauvre souris était perdue, elle qui découvre peu à peu l'opéra (je me rends compte que je ne l'ai effectivement pas encore initié à THE opéra que j'ai longtemps écouté en boucle, un permanent de mon lecteur de musique portable depuis sont achat en 2006). Manlio Benzi dans la fosse nous dirige de belles choses, avec le Balthasar-Neumann Ensemble & Chor.

Il reste encore quelques places pour ce dimanche et la semaine prochaine. Si vous avez de la chance...

(Grâce à Amélie-de-la-plume, nous apprenons qu'il y a un cocktail d'AROP jeunes en même temps que le dîner de gala — le premier étant gratuit sur carton, le second bien évidemment horriblement cher. Mais pas de carton pour nous : on a dû rater un épisode, il y a eu de l'envoie en broadcast apparemment ; heureusement, comme on nous connaît bien à l'AROP — coucou ! :) —, on nous laisse passer, et c'est une chouette seconde partie de soirée qui s'annonce — avec une dimension d'étude sociale très intéressante, puisqu'on ne voit jamais les jeunes-aropeux, alors que là on en tenait plus d'une centaine compactée dans la rotonde du glacier : le filles s'échinent à faire plus âgée, coiffure et code vestimentaire du XVIe arrondissement, auxquelles les garçon répondent pas les mêmes lunettes à grosse monture, la même allure XVIe et la chemise toujours sous le pull. Intéressant...)