En ce vendredi 13, toujours de 16h00 à 18h00 (et toujours en léger retard pour ce qui me concerne : Passy, c'est loin...), le séminaire mensuel sur les approches historiques (en réalité sociologiques) des sexualités des XIXe-XXe siècles, était animé par Ruwen Ogien, directeur de recherches au CNRS, principalement sur la philosophie morale ("penser la pornographie", PUF, 2003 ; "L'éthique aujourd'hui. Maximalistes et minimalistes", Gallimard, 2007 ; "La liberté d'offenser. Le sexe, l'art et la morale", La Musardine, 2007 ; "L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine et autres questions de philosophie morale expérimentale", Grasset, 2011). Le thème : "Qu'est-ce qui ne va pas dans la critique politique et morale de la pornographie ?". De quoi mettre les pieds dans le plat !

Et effectivement, à mon arrivée, ça parle déjà de l'ambiguïté du rejet : sous des accents de critique morale, venue essentiellement du monde féminin, ne serait-ce pas l'exhibition qui est condamnée ? Il suffit de considérer le porno gay ou queer, sans femme ! (ou avec que des femmes) D'ailleurs, l'arsenal argumentaire a évolué : on parle désormais de l'intérêt de l'enfant, dont on se fichait comme d'une guigne avant, et qui a à présent remplacé l'atteinte aux bonnes moeurs, disparue en 1994. Et ce n'est pas tant que l'enfant voie ces images, mais la possibilité hypothétique que cela se produise ; en même tant que l'on considère que cela pourrait le choquer à tel point que son développement tout entier en serait menacé. Bref, l'enfant a bon dos, son intérêt est toujours très relatif, dans une société qui se cherche sur l'homoparentalité (là où il ne faut aucun permis lorsqu'on est alcoolique et/ou violent ; mais les fous ou les crétins sont subrepticement — pas comme en Suède des années 1930 — stérilisés à leur insu, du moins on s'arrange pour qu'ils ne se reproduisent pas), ou encore où des considérations religieuses (catholiques par exemple) vont déterminer le choix de ne pas avorter alors qu'une échographie montre de graves malformations (intérêt de vivre vs intérêt à avoir une vie non douloureuse : l'enfant en soi est en réalité absent). Et la sexualité de l'enfant est un domaine très fluctuant au fil du temps (voir plus loin la remarque sur l'hyper-sexualisation des jeunes filles). On retrouve ces ambiguïtés hypocrites de la société jusque dans la loi : à 15 ans moins une minute, pas touche ; à 15 ans et une minute, on peut participer à des sodomies de groupe (mais de préférence pas avec des majeurs, ça peut poser des problèmes avec les parents), mais on ne peut pas voir de telles scènes ; pour cela, il faut attendre 18 ans.

Il est important aussi de distinguer les pratiques véritables et les représentations qui circulent dans une société. Ce n'est pas parce que les indiens ont des représentations du kama sutra qu'ils n'en ont pas moins des relations sexuelles, en réalité, tout à fait banales. Et ce n'est pas parce que toute représentation est bridée dans les pays musulmans que l'on n'en tolère pas moins la polygamie. La pornographie, et même parmi ses consommateurs, ne traduit pas une vie sexuelle débridée, loin de là : c'est donc très souvent différent, et une bonne question est de savoir comment cela s'articule.

Face aux détracteurs qui souhaitent la disparition de la pornographie, ne faudrait-il pas tout simplement défendre que le genre en soi est une activité culturelle ? Placer une limite entre ce qui en relève ou non est bien présomptueux : que dire de la biographie de Céline Dion si l'on se base sur une absence de valeur artistique ? (Je note d'ailleurs que cela rejoint la question du copyright : légalement, on peut dire que c'est une oeuvre artistique, protégée par le droit d'auteur, si l'on montre l'originalité ; le problème du format du séminaire est qu'il est bâti autour d'une seule personne, et non en table ronde avec des approches différentes, c'est dommage)

En réalité aussi, le partage entre ce qu'il est acceptable de montrer en public ou ce que la société considèrera que cela doit être réservé à la sphère privée ne dépend pas de l'acte mais des préjugés. Pour étayer cette affirmation, Ruwen Ogien donne un exemple : que l'on considère un couple hétérosexuel de belles personnes qui s'embrassent sur une publicité, en gros plan, tout va bien. Mais que l'on fasse la même chose avec des gays, des vieux, ou pire des gens laids : il n'y a plus acceptation (comme l'a montré l'affaire des pubs pour les matelas, dans le métro).

Une fois cette introduction faite, notre conférencier attaque sur la liberté d'expression. La pornographie pourrait s'en prévaloir, surtout dans les systèmes démocratiques. En réalité, même aux USA où l'on peut défiler en nazi dans des quartiers juifs sans soucis, au nom de la liberté d'expression des opinions politiques, la pornographie est considérée comme une exception, jugée comme non vecteur d'opinion. "Pire" encore : ce ne serait QUE pour exciter, de l'obscène, pensez-vous ! Quelle horreur. Pourtant, une comédie n'est faite que pour rire, un film d'horreur que pour faire peur : aucun problème. Mais exciter, ça non ! Dans un régime démocratique, cela pose tout de même quelques questions...

En réalité, aux USA, s'est joué (et se joue toujours) une grande bataille avec des féministes anti-porno, depuis les années 1980 (que l'on me pardonne de ne pas avoir noté le nom de ces hystériques — connues, j'ai vu plusieurs fois leurs noms apparaître). Leur cheval de bataille est la dégradation de l'image de la femme, avec un message politique d'inégalité homme/femme — tout en rejetant totalement la valeur artistique des oeuvres pornographiques (on rappelle au passage l'étymologie, que j'avais oublié me semble-t-il, "écrit/portrait de prostituées"). Digression philosophique au programme. Ça va évidemment loin, une féministe (et pas une pro-sex...) est même allée jusqu'à émettre l'avis que s'il y a beaucoup de fellations dans les films pornographiques, c'est pour bloquer la voix de la femme, qui n'a pas la même parole que l'homme (évidemment, ça ne dit rien sur les cunnilingus, tout aussi incontournables — et il est tout aussi difficile de tenir aussi une conversation dans cette position ; m'enfin, faisons-nous des bisous, au moins ça c'est égalitaire).

Dans leur bataille crétine, les (non-)excitées de service sont allée faire voter des lois (via quelque député/sénateur — mâle, n'est-ce pas — tout aussi coincés du cerveau et d'ailleurs) ; résultat, du procès qui remonte jusqu'à la cour suprême, et en 1985, elles se font avoir comme des bleues : en argumentant que la pornographie porte le message politique d'assouvissement de la femme, la cour les suit et décide donc de protéger les oeuvres par le premier amendement sur la liberté d'expression ! C'est ballot. Et ça passe au Canada, où une loi anti-porno est votée. Résultat : harcelés par la police, les sex-shops et autres revendeurs d'oeuvres pornographiques se recyclent dans le gay et le queer ; il n'est pas très clair si la loi ne visait au début que les hétéros ou si c'est pas extension jurisprudentielle simple que le périmètre de la loi a été étendu (de toute façon, dans un pays de Common Law, ça revient un peu au même, mais j'ai encore pu noter que nos hôtes avaient des lacunes en juridique), toujours est-il que l'application a visé ce type de matériel, et plus largement tout ce qui pouvait avoir trait au plaisir ou au porno au sens large... même pour le dénoncer ! Et c'est ainsi que les féministes (et plus spécifiquement, entre autres, un bouquin de l'une des lobbyistes qui avait fait voter ladite loi) ont été victimes des douanes ; même Duras a été interdite, puisque prônant le plaisir féminin dans ses livres. Du grand n'importe quoi.

Si l'on en revient à l'essence même des arguments des femmes pourfendant le pornographie, c'est typiquement une forme de paternalisme ; cela transparait tout à fait lorsqu'elles considèrent que si des femmes défendent la pornographie, c'est qu'elles-mêmes sont justement aliénées par la pornographie (je remarquerais par ailleurs que c'est le même type d'argumentation qui est opposé aux prostituées) ; imparable, argument rhétorique s'auto-justifiant et coupant toute contre-argumentation logique. Face à cela, on ne peut donc que contre-argumenter sur une position déontologique forte : pas de paternalisme. À chacun de choisir. Cependant, la discussion post-conférence avec le public, et plus exactement avec ma voisine, montre que le chemin à parcourir est encore long : si elle avoue sans détour aimer la pornographie et se casser régulièrement les dents contre ses connaissances qui y sont opposées (d'où sa présence, pour la première fois, à ce cycle), elle émet cependant de fortes réserves sur le fait que les filles se font tout de même exploiter, qu'elles sont faibles, etc., citant pour cela un extrait de la bio de Coralie Trinh Thi, qui à un moment se fait (littéralement) baiser par un producteur lui promettant monts et merveilles, mais n'arrivant pas à le traiter de connard dans son ouvrage, cherchant plutôt à justifier la situation.

Le débat est alors assez intéressant : pour Ruwen Ogien, très libéral, cela pourrait arriver dans tous les milieux (inégalité de traitement homme/femme, patron/chef qui couche avec ses employés en faisant miroiter une promotion canapé, etc.), alors pourquoi viser spécifiquement le porno ? Ne serait-ce pas, là encore, parce que l'on touche au sexe spécifiquement, plus qu'autre chose ? Le type bizarre et hypercultivé (chercheur lui-même ou maître de conf ou les deux, bref), qui n'arrive pas à penser sans parler (ça n'est donc pas qu'il essaie désespérément de participer sans succès à la conversation qui n'en est pas une : même dans la rue il parle tout seul, mais tout va bien, c'est un brave gars...), fait alors remarquer que si la pornographie que l'on nous propose est machiste, il n'en reste pas moins que la pornographie en tant que telle est un genre tout à fait neutre. Mais fermons là cette parenthèse, j'y reviendrai dans mes propres commentaires.

Ruwen Ogien continue en fait sa démonstration en parlant de la théorie des actes de langage. Là, ça se complexifie gravement — et ça n'a pas l'air totalement sec, en plus on a parlé à la fois de performatif et de perlocutoire, alors que les deux notions se sont succéder sans se recouper entièrement, de quoi se perdre un peu plus, des slides auraient été bienvenues (sinon on se perd dans le discours, pas besoin de théorie du langage pour ça !). Pour faire simple (et sous réserve d'avoir bien compris, parce qu'on a pas mal parlé, comme illustration préliminaire, de condition de félicité soumis au prérequis d'investissement institutionnel — par exemple le non-sens pour lui de me déclaré marié à ma voisine de droite, puisqu'il n'est ni maire ni prêtre —, puis d'illocutoire) : dire (pour nous : montrer du porno, avec son hypothétique message politique) n'est pas faire, est distinct d'une action dans le monde réel (bref, ce n'est pas parce que vous matez du porno que vous devenez une porn star, et ce n'est pas parce que le porno existe que l'on baise ainsi dans la vraie vie).

On repart, juste ne sais plus trop comment (un peu parce qu'on s'est perdu et que le temps disponible se raccourcit : il faut faire des choix dans les notes), sur l'intérêt de l'enfant, dont on peut voir une apparition avec le débat récent de "l'hyper-sexualisation" des petites filles, qui choque, alors que celle des garçons (jouer à la guerre, sport, etc.) est normale (c'est quelque part la même dissymétrie que pour la conception sociétale de la sexualité féminine débridée contre la masculine du même type). Ça relève plutôt de la catharsis de la société : il n'y a qu'à voir le nombre de tournantes que l'on avait au JT (lorsque Ségolène Royal était ministre de la famille, pour resituer), alors que le phénomène était ancien, et que l'on n'entend plus du tout parler depuis quelques années... Outre l'intérêt de l'enfant, le puritanisme a un nouvel argument pour le moins original : le porno déprime, puisqu'on se sent nul devant tant de prouesses et de puissance sexuelle (à tel point que les sexologues ou autres médecins seraient assaillis d'hommes inquiets sur la taille de leur pénis, qu'il faudrait rassurer en leur montant qu'ils sont supérieurs à la moyenne). Ruwen Ogien s'amuse plutôt du fait que si l'on voit toujours des gros sexes en érection à l'écran, cela traduit certainement des désirs homosexuels refoulés — et il n'y a pas de mal à cela !

Puisque l'on est dans le rayon de l'irrésistiblement pertinent, notre conférencier finit son exposé en faisant remarquer que si le simple fait de regarder de la pornographie rendait violent (argument encore des frustré(e)s), les censeurs seraient les plus atteints, puisque ce sont eux qui passent des heures à en vérifier le contenu !

Ruwen Ogien est une certaine célébrité, mais comme la dernière fois, je reste surpris que l'on puisse organiser un évènement où l'on ne retrouve qu'une douzaine de personnes (dont seulement deux ou trois, en plus des organisatrices, se retrouvent d'une séance sur l'autre). L'invitation s'est faite par mail, auprès d'environ 90 personnes, dont 4/5e d'universitaires à en juger par les adresses mail (il y avait au final deux ou trois jeunes étudiantes qui sont venues). Clairement, il y a un problème de diffusion, et ayant raté l'avant-dernière séance sur les sex-toys vintage (en conflit avec un colloque à l'ENA sur le patrimoine immatériel de l'État), il me sera impossible de la rattraper, alors même qu'après tout, un texte plus ou moins lu, en tout cas des notes, pourraient très bien être diffusées (c'est ce que je fais avec mes propres conférences sur mon site personnel). Je rêve d'une systématisation de l'enregistrement audio/vidéo, alors que Youtube ou Dailymotion permettent à présent une diffusion sans aucune difficulté. Prêcher à des convaincus en mini-groupe a tout de même un intérêt limité !

Au-delà de cela, cette séance m'a encore interpelé sur son aspect très théorique. Je veux dire par là que certes la science (sociale, philosophique) travaille sur des concepts, mais ne parle-t-on pas entre bourgeois de ce que l'on ne fait que se représenter ? J'avais fait parvenir l'invitation, via Twitter, à Morgane Merteuil, secrétaire du Strass (syndicat des travailleurs du sexe, qui explique continuellement que oui c'est un choix, non elles ne sont pas des violées de la petite enfance, et que ce serait chouette d'arrêter de les emmerder pour qu'elles puissent enfin bosser convenablement — parce que là, des protecteurs de ce genre, on s'en passe bien), ainsi qu'à Katsuni, divinité vivante  jeune fille de bonne famille reconvertie  pornstar munie de gros cerveau (mais en déplacement aux US). Las, il n'est resté que des bobos universitaires — il faut regarder la réalité en face. De quoi parle-t-on, précisément, alors ?

La discussion sur "le porno est machiste" le montre : nous n'avons aucune étude sérieuse sur cela. On pourrait par exemple objecter que les femmes sont largement plus payées que les hommes dans le milieu du porno (sans que ça ne choque personne, n'est-ce pas ?), et lire celles qui ont (légitimement) écrit dessus. On pourrait aussi faire remarquer que tout acte sexuel impliquant un homme, donc une pénétration (sauf à ce qu'on filme du soft-sex ou du SM où monsieur se fait expliquer la vie par Madame à coups de fouet et de pinces à linge), il y a forcément domination, comme dans la vraie vie réelle (ou alors vous devez bien vous faire chier, et je suggère le suicide) : peu importe que le/la partenaire, incidemment dominé(e), soit un autre homme, une chèvre ou une femme ! (ça n'interdit pas de faire une amazone, hein, c'est très reposant, faut faire travailler mademoiselle quand même !)

Bref, rien à voir, en soi, avec le machisme, qui s'exerce par définition en dehors de l'acte sexuel (donc l'enquête devrait pour cela porter sur ce qui se passe en dehors des plateaux : certes j'ai déjà entendu une actrice se plaignant, une fois, d'un manque total de considération — on ne lui a même pas donné une serviette après une éjaculation faciale, pour s'essuyer —, mais a priori ça a l'air franchement rare, et vu la concurrence, mieux vaut ne pas trop jouer sur ce terrain-là, les actrices trouveront vite leur compte là où elles sont convenablement traitées ! — et d'ailleurs payées plus). Enfin, dernière remarque (je suis sûr qu'on pourrait en trouver d'autres), il y a une tendance naturelle à se concentrer sur la beauté féminine : si sur l'île de Lesbos les demoiselles écrivaient déjà sur le sujet ("sans forcément pratiquer ce que ces messieurs grecs leur prêtaient de leurs propres pratiques", avait dit mon prof de philo), il n'y a qu'à ouvrir un magazine féminin pour se croire dans un magazine masculin, tellement ce n'est qu'un défilé de jolies filles dénudées (avec peu de mâles au milieu), c'est assez incroyable ! Il ne faut donc pas oublier les données de base de notre société avant de tirer des plans sur la commette.

En fait, cette vision biaisée et étriquée trouve son paroxysme dans ce genre d'article moralisateur sans trop en paraître, écrit dans un style ampoulé et suffisant (ponctué de vocabulaire un peu grossier — Marie-Madeleine, que c'est subversif !), assez typique des "penseurs", qui montent des montagnes sur tout et n'importe quoi (et ont souvent un sur-narcissisme qui se traduit par l'emploi abusif du copyright et de la signature, "c'est MA pensée à MOI", vous voyez ?). En l'occurrence, la "sexologue-écrivaine" nous dépeint son archétype de film pornographique, mécanique, qu'elle critique sans trop assumer sa position idéologique. Je lui ai fait remarqué sur Twitter qu'elle a une vision franchement réductrice du genre, très américano-centrée : la voilà qui me répond quelque chose comme "l'Amérique c'est grand", alors que je visais évidemment les États-Unis. Typique de la suffisance dédaigneuse de "l'intellectuel"©® (moi aussi j'use de "©" à outrance quand je veux). Bref, il existe du porno amateur, comme il existe du porno japonais qui n'a RIEN à voir, mais alors rien du tout, un autre monde. Allez voir, encore, le fabuleux travail de John B. Root et osez me dire que ça ressemble à ce qui passe sur PenthouseTV (je vous résume : un type body-buildé qui se tape une petite blonde, parfois brune — mais toujours blonde à l'intérieur ; là, ça ressemble à la mécanique que dépeint l'autre folasse). Roy Stuart publie autant sur Met-Art que dans des bouquins chez Taschen (et ce sont à peu près les mêmes photos, avec plein de poils dedans). Il y a un nouveau site web (x-art) très évanescent (encore plus que Met-Art, avec des filtres blancs appliqués, mode sublimation) qui est à l'exact opposé de Kinky Thaï (ATTENTION : ne lancez pas de recherche sur le net si vous n'avez pas le coeur très bien accroché, je vous aurai prévenu !!!). Toute une diversité, une complexité, une hétérogénéité qui pourrait faire l'objet de longues études (qu'est-ce qui existe ? Qu'est-ce qui est regardé ? Où/par qui ? Pourquoi ? Quelle diffusion, quels canaux, quels supports ? Etc.), mais qui est balayé par... ignorance (et donc pas schématisation/simplification). J'avais déjà fait une remarque en ce sens la dernière fois.

Je ne sais pas trop si c'était notre cas, ici, mais j'en ai parfois eu l'impression — d'un point de vue philosophique, j'étais bien évidemment totalement d'accord, mais prêcher un convaincu libéral n'a pas un intérêt démentiel, si ce n'est filer des billes et aider à structurer un peu plus la pensée. Je suis de ces ingénieurs qui pensent qu'il faut tout maîtriser, expérimenter, connaître de fond en comble pour pouvoir tenir un discours sur quoi que ce soit. Ou alors on annonce clairement où l'on en est dans sa quête. Mais c'est cela qu'être scientifique.