Boulez était prévu autant comme chef que comme élément marketing, mais finalement il s'est fait remplacer par Peter Eötvös, pas revu depuis juin 2010, encore plus spécialisé dans les musiques étranges. Et sans être forcément cher (quoique, 85€ quand même), et malgré la présence du LSO, le programme pour le moins original annonçait un grand nombre de places vides. J'ai donc persuadé la souris de faire la queue de dernière minute, très longue queue, et au moment d'être satisfait, v'là t'il pas qu'un ninja apparaît, et que je gratte donc une place à 10€ (au lieu de 20), ainsi qu'une deuxième pour la séance du lendemain ! Fort heureusement, le replacement ne fut pas trop difficile — mais on croirait toujours qu'on atteint des sommets de complexité avec les filles non-ninja...

Le concert commence par du Debussy, les Nocturnes : je connais ! (mis à part que je n'arrivais pas à retrouver le concert, alors que ça a été plus simple pour la souris : elle ne va écouter que de l'orchestre de Paris, à Pleyel, d'habitude) Et puis c'est Szymanowsky : le plaisir de la découverte, la pièce pour laquelle cela valait le déplacement, pour la rareté. Concerto pour violon n° 1, avec Christian Tetzlaff au violon, et de beaux volumes, une grande complexité de composition — et donc potentiellement une certaine perplexité compréhensible face à cet objet. Peut-être trop mou, j'en conviens — chef pas très nerveux. Christian Tetzlaff, impressionnant, nous donne un rappel qui ressemble à du Schulloff en sonate, une surprise mélancolique très complexe, et personne ne connaît. En fait, c'était (paraît-il) la sonate pour violon de Bartok ! (déjà entendu, me semble-t-il... Faut la trouver au disque) Saluons l'effort de nous faire un bis pareil, au moins !

On termine, post-entracte et replacement un peu plus loin au parterre, sur du Scriabine : la symphonie n°4 "poème de l'extase", que je connaissais déjà, et dont j'avais retenu que c'était superbe. Frissons garantis !

(comme le concert s'est terminé peu avant 22h, il a été possible d'attraper une série de RER qui nous ramené à 22h30 chez moi, pile poil au moment du feu d'artifice de la foire du trône, pendant vingt bonnes minutes ! Très belle fin de soirée !)