Jeudi dernier, comme tous les vrais jeudis, c'était orchestre de Paris. Une salle bien pleine, et il n'est toujours pas facile de se replacer dans ces conditions avec sa souris (qui n'est pas de poche) (l'inverse n'étant pas forcément faux). Et c'est ainsi, depuis le rang BB, que l'on commença avec "Makarade" de Nielsen, dont on se demande bien pourquoi l'avoir programmé : ça n'allait pas vraiment avec le reste, un peu superflu (impossible de s'en souvenir une semaine plus tard), alors même que le concert a terminé à 22h45. Ce Nielsen n'avait jamais été trop donné, puisque je ne le vois pas dans mes archives, occasion de le découvrir, sans trop accrocher à ce court opus.

Puis la pièce, LA pièce, concerto pour piano n°2 de Chostakovitch, entrée en trombe, mouvement lent émouvant à souhait, sortie en trombe : l'éclate totale ! Le programme nous dit qu'il n'y est pas allé trop fort, niveau technique, pour que ça puisse être joué par son fils. Ah ! Alexander Toradze fait des étincelles, et nous fait même un vrai pur bis, le 3e mouvement (après votation sommaire contre le 2e — la souris en fut dépitée, Joël aussi). Du grand show !

Après l'entracte, suite à un replacement de ninja, les deux places à côté du couple d'aristo, en bout de rangée centrale A, sont libres : ce serait moche de ne pas en profiter ! Et donc, confortablement assis, quoique sans possibilité de voir si Lola était présente ou non (je ne crois pas, en fait), la vue était fort belle sur le choeur. Un "Peer Gynt" de Grieg, en entier (2e fois pour la souris, elle en a de la chance !). 75 minutes de bonheur... en bilingue.

Forcément, le récitant récite le plus souvent en français, ça paraît évident ; Arnaud Denis, qui interprète aussi Peer, est à ce niveau très bon. Mais notre version avait ceci de spécial que certains passages chantés étaient aussi en français, traduits du norvégien ! Ça fait bizarre ; par exemple, les trois bergères (Aurore Bucher — ah ! ah ! Et quelle robe ! —, Laure Holm, Cécile Achille — oh ! Minois !) chantaient en français. Le choeur a commencé en français, mais forcément, les "Slagt ham !" étaient bien norvégiens. Du côté de Mari Eriksmoen, la soprano de Solveig (blonde du Nord) et Ann Hallenberg, mezzo-soprano pour Anitra (ascendance troll évidente), si cette dernière a eu quelques tirades théâtrales françaises, les deux ont bien évidemment chanté en VO.

Étrange parti pris, mais formidables interprétations. Alors pourquoi pas !