Petit soucis d'agenda pour la dernière place achetée très-en-avance de la saison : une fille mal gardée en même temps qu'un théâtre de la ville, mais qu'est-ce donc que ces histoires-là ? En route pour la revente : problème, à l'entrée de la billetterie, on nous dit qu'il n'y a personne à l'intérieur et que non, nous ne passerons pas, on n'a qu'à vendre sur les marches (avec les vulgaires mafieux). L'ouvreur-pénible (avec qui B#6 s'engueule régulièrement) a encore frappé. Qu'à cela ne tienne, j'explique ça à mon copain-ouvreur à l'entrée, qui nous laisse filer, la souris et moi, aux guichets via l'intérieur (on explique le problème à l'ouvreuse de service, qui n'aura pas que notre plainte...). Problème : il n'y a effectivement pas grand monde à l'intérieur, alors que pourtant, la soirée est complète (où sont passés les pass et non-pass ??). Et la population restante est difficile : soit elle est prête à attendre plusieurs places plein tarif, soit 15€ en tarif jeune d'amphi, c'est trop cher (gné ?). Finalement, un couple d'Italiens débarque, semble intéressé, mais hésite : les places sont-elles réellement bonnes ? (en italien dans le texte) "Si, si !". Pas très convainquant (je n'en suis qu'à la leçon 21 d'Assimil et ce n'est pas les 5 jours romains qui m'ont appris à dire "à côté"...). Et c'est là où le premier ouvreur réapparaît, et alors que l'on croyait se faire virer manu militari, il prend les places, regarde, et explique dans un italien absolument parfait que c'est vraiment de la bonne et tout ce qu'ils cherchent (et de toute façon, c'est complet). Et paf, vendu grâce à l'ouvreur-sauveur, par un retournement de situation inattendu. Avec la souris, on est sur le cul (mais heureux de récupérer du pognon) : à l'ONP, on ne sait vraiment jamais à quoi s'attendre...

Après quelques détours, nous voilà au TdV, pour 20h30 et le début — forcément bien en retard d'une douzaine de minutes — de notre soirée : Savion Glover. À 39 ans, c'est LA star des claquettes — de ce que j'en ai compris, mais plutôt en OVNI. Des claquettes, j'en ai beaucoup vu : j'ai bossé longtemps avec un tas de commerciaux, m'intéresse depuis longtemps à la politique... Mais des VRAIES claquettes, ça, moins. Et pendant 1h30, pas du tout. C'est long, 1h30 de claquettes, quand même... Savion Glover a une barre de chargement : le mouillage de chemise orange, quasiment trempée à partir du haut à la fin de la soirée. Ce mec, c'est un lapin duracel, il n'arrête jamais (et trempe aussi le sol composé d'une espèce de parquet précaire) ; même à la fin, il recommence. Évidemment, on attend les quelques instants d'acrobaties, une pirouette, des pointes, sur la tranche du pied, c'est rare et précieux — et ça déclenche, dans le public passionné, une salve d'applaudissements à tous les coups (assez souvent lancée par un type hyper-balaise juste devant).

Pour cette session, outre un complice (Marshall Davis Jr), qui n'intervient que pour une pièce, deux compères à guitare (et gros ventre et voix hispaniques si typiques et incroyables) accompagnent les claquettes survoltées de mélodies de flamenco, souvent nerveuses. L'ensemble est détonnant dans l'absolu, mais aussi assez lassant pour moi : ça manque de diversité. Au final, j'aurais donc bien plus apprécié en diluant tout ça.