On reprendra bien un peu de Gergiev avec l'orchestre et le choeur du Mariinsky ? Avec la souris, cette fois, stressée de rentrer avec 15 ou 20 minutes de retard dans la salle (vraiment délirant, ce retard, alors que les caméras de la veille sont toujours là, notamment le bras articulé qu'on aurait eu en plein champ de vision depuis le second balcon si on ne s'était pas replacé au rang N pair côté couloir — "t'es sûûûûr que personne ne va tout à coup se matérialiser et réclamer nos plaaaaces ?").

    Dmitri Chostakovitch
    Symphonie n° 3
    Concerto pour violoncelle et orchestre n°2, op.126
    Entracte
    Dmitri Chostakovitch
    Symphonie n° 13

Symphonie n°3 avec le même choeur endoctrinant que la veille pour la n°2, le Chosta est bridé, quand même, du coup ça frustre une partie du public. Le concerto pour violoncelle, avec le fabuleux Mario Brunello (qui joue un instrument fort spécial, un luthier qu'on n'entend pas tous les jours, un Maggini), est superbe. En bis, il nous donne d'abord une espèce de pièce persane, puis il me semble qu'il reprend un thème chostakovien, mais c'est tellement surprenant que j'ai bien peur de dire une bêtise...

La symphonie n°13, c'est Babi Yar, où l'on retrouve les accents malheriens de la symphonie #1 de la veille (avec du Moussorgski dedans), avec cette forme si originale faisant figurer des poèmes chantés d'Evgueni Evtouchenko, à commencer par Babi Yar, donc, extremement dramatique, tandis que "Humour" devient badin, avant de retourner dans le dépressif avec "Au magasin" et "Peurs" (comme toujours, on suit tant bien que mal les chants sur le petit programme gratuit, où la retranscription russe est en yaourt phonétique). C'est "Une carrière", dernier mouvement, qui me surprend toujours par son texte sorti d'on ne sait où, et qui fait figurer vers la fin, sorti aussi de nulle part, un moment magique de pizzicati, avant de finir avec un thème au violon solo entêtant dont on ne peut se lasser. Le basse solo est Mikhail Petrenko et Laurent me fait remarquer à la fin du concert que c'est le fameux chanteur qui avait fait son mea culpa et avait dû faire effacer les tatouages scories d'une jeunesse néo-nazie regrettée : se retrouver sur Babi Yar, en dialogue avec le choeur, donne tout à coup une dimension certaine...

Malgré une fin très tardive, le public reste dans l'ensemble pour saluer comme il se doit une interprétation hautement remarquable.