"The Perks of Being a Wallflower" : voici un titre qui est devenu "Le monde de Charlie" faute d'être traduisible. "Perk", ce sont le avantages tirés d'une situation, et "wallflower" (girofle, si je ne me trompe pas), c'est quand quelqu'un (originellement une fille) se sent comme un couillon au milieu d'une fête (aux US, on a même des chaises contre un mur pour ça). Au début, Charlie (Logan Lerman) est surtout un wallflower total, et par ma foi, pas beaucoup d'effort pour m'identifier. Mais il en tient une couche, aussi : c'est ce que l'on découvre rapidement ; d'où, c'est ce que l'on tardera à savoir, et lui aussi. En attendant, à la charnière adolescente, il faut finir de grandir avant de vieillir : rentrée au lycée, sans ami, il tombe bientôt sur deux compères, Sam (Emma Watson) et Patrick (Ezra Miller), qui sont cools, avec une bande "parallèle" de gens intelligents et déjantés, à laquelle Charlie peut enfin appartenir, sans que cela règle tous ses problèmes. Et puis Sam est rudement jolie (tu m'étonnes...). Découverte complexe de l'amour, envers une fille qui fait un peu n'importe quoi, qui ne se rend pas compte de ce qu'elle est, et qui voit Charlie sans le voir — celui-ci ayant une tendance naturelle à l'auto-sacrifice, à l'effacement, à la résignation. Il voit, ressent, intériorise — et risque l'explosion ?

Stephen Chbosky réalise une adaptation sensible et intelligente de son propre roman, plein de pertinence, de malice, de tendresse aussi. L'action est située dans les années 90 du roman (ça m'aide aussi, à titre personnel...), ce moment où l'on enregistrait des "compil" sur cassettes, et où il fallait des années avant de savoir que "Heroes" est de David Bowie... Un beau film, avec de beaux jeunes acteurs (bon, je ne parle même pas de Emma Watson, je risque d'être intarissable...). Malheureusement, la distribution dans les salles est franchement défaillante : mais pourquoi donc ?