Plus ça va, et plus je deviens fan de Hilary Hahn. Cette année, j'ai découvert à quel point elle est totalement déjantée, avec ses vidéos youtube d'interview de poisson rouge ou le compte twitter de son étui de violon... 33 ans, en plus, le summum divin. Et Hilary, elle est tellement extraordinaire, qu'elle s'est faite composer de courts morceaux de musiques rien que pour elle (et son fidèle pianiste souvent accompagnateur, Cory Smythe — chanceux), par 27 compositeurs différents, tout autour du monde, et dont les trois quarts dans le programme vantent les mérites de la demie-divinité vivante (il y a dans le lot des p'tits vieux qui, on le sent, regrettent d'être aussi avancés en âge...). Ces courtes pièces seraient destinées à être jouées comme si c'étaient des bis. En bon anglais (donc pompé du français), on dit : "encore".

"In 27 Pieces : The Hilary Hahn Encores" est donc le nom de la mini-tournée hilaryenne mais aussi du projet dans son ensemble, qu'elle enregistrera par la suite. Il n'y en avait pas autant lundi soir à Pleyel. Mais tout de même :

David Del Tredici : Farewell
Du Yun : When a Tiger Meets a Rosa Rugosa
David Lang : Light moving
Elliott Sharp : Storm of the Eye
Arcangelo Corelli : Sonate n° 4 pour violon en fa majeur, op. 5
Michiru Oshima : Memories
Kala Ramnath : Aalap and Tarana
Johann Sebastian Bach : Chaconne de la Partita n°2 pour violon seul en ré mineur
Entracte
Gabriel Fauré : Sonate n°1 pour violon et piano en la majeur, op.13
Anton Garcia Abril : Tres suspiros
Valentin Silvestrov : Two pieces
James Newton Howard : 133... At Least

Ça fait d'ailleurs beaucoup à commenter... Commençons par les exceptions : contrairement aux apparences, Corelli, Bach et Fauré n'ont pas composé pour Hilary, contrairement aux apparences. Mais ça n'a guère fait de différence, et je suis certain que cela leur aurait fort plu. La première pièce est jazzy-mélancolique, la deuxième très clairement chinoise (croisée), puis furtif, puis... je ne sais plus. Mais après le concert, je pouvais encore m'en rappeler en détail (une sortie post-dédicace, et on est chez soi à 23h30...). Il y a de l'indien avec Kala Ramnath, du japonais avec Michiru Oshima, le tout repassé à la moulinette occidentale du violon, mais faisant très bien apparaître les sonorités propres des lieux (on n'aurait d'ailleurs pas vraiment dit du violon, pour le Ramnath). Après l'entracte, les trois dernières pièces durent en tout et pour tout un quart d'heure à tout casser, en comptant les pauses d'applaudissement, quoique sans allers-retours cette fois (peut-être parce qu'il était déjà 22h15 passés ?). Du coup, et la souris aussi, j'ai perdu le compte des pièces...

En bis, heu, "encores", deux autres encores, le premier qui était "light quelque chose" (j'aurais dû noter, mais personne n'a vraiment compris dans l'intégralité...), et le deuxième suspecté d'être "Hilary's Hoedown" de Mark Anthony Turnage, qui était justement dans la salle au rang E. Petits détails : Hilary joue toujours les yeux fermés, mais lorsque la partition est devenue franchement complexe (en première partie), elle a dû chausser ses lunettes (et c'est ainsi qu'on a vu sexy-Hilary à lunettes, haaaaan). Elle a porté la même robe fourreau toute la soirée, avec une sorte de motif complexe aux tons beiges qu'on aurait cru sorti des gobelins, d'autant qu'il y avait une série de longues franges en spirale qui, en bas, lui caressaient légèrement des doigts de pieds furtifs...

Lost in Hilary...