envoutante Yuja
Par palpatine le vendredi 25 janvier 2013, 01:07 - ... et les arts - Lien permanent
Yuja, Yuja, une semaine après Hilary, voilà de nouvelles émotions hétérosexuelles et musicales intenses... Yuja Wang, c'est une pianiste de poche, une jeune chinoise nourrie à la russe, un génie rare... Et un sacré morceau de fille.
Arrivé extrêmement en retard pour cause de RER A dans les choux, la bonne surprise fut que Yuja faisait elle-même mariner son public — ou alors, elle m'attendait, merci de sa mansuétude. Évidemment, je n'allais pas monter jusqu'au 2ème balcon : arrêt au parterre impair, descente en flèche le long du couloir extérieur, place au rang G. Quelques trous, en effet : à 100€ le ticket, il ne faut pas trop s'en étonner !
Première robe : longue rouge, très échancrée dans le dos. Fascinant.
Claude Debussy : Pour le piano (prélude, sarabande, toccata)
Alexander Scriabine : Sonate n°6, op.62
Maurice Ravel : La Valse
Deuxième robe : longue violette, croisée sur les hanches laissant voir les jambes jusqu'à mi-cuisse. Extase.
Yuja s'amuse. C'est une fille simple, spontanée, intelligente, joviale. Elle comprend le grotesque de la Valse de Ravel mais passe à côté du drame humain, du dérèglement — encore trop jeune, peut-être une naïveté touchante. Elle brille en revanche dans la Russie badine et jazzy, et dans le romantisme de Debussy ou de Scriabine, qui font tous deux figurer des mouvements de mains d'un bout à l'autre du piano : ainsi caressé, la jeune audience masculine célibataire retient son souffle et envie l'instrument.Sergueï Rachmaninov : Elégie, op.3, n°1
Felix Mendelssohn : Scherzo from A Midsummer Night's Dream, op.61 (arrangé par Rachmaninoff)
Sergueï Rachmaninov : Moments musicaux, op.16, n°4
Lowell Liebermann : Gargoyles, op.29 (presto, adagio semplice ma con molto rubato, allegro moderato, presto feroce)
Sergueï Rachmaninov : Sonate n°2, op.36 (édition révisée de 1931) / allegro agitato, non allegro
Yuja, c'est aussi la générosité d'une jeune artiste appliquée aux saluts de gymnastes, qui veut faire plaisir. Toujours perchée sur ses immenses talons qui seuls lui permettent de pouvoir toucher aux pédales en posant le pied (il faudrait sinon baisser le tabouret et couper les pieds du piano), nous dévoilant plus que jamais ses fines jambes enveloppées de violet, la voici qui commence une série de rappels. Du Schubert tragique, puis une transcription de Carmen éclatante, une autre de Rossini virtuose — une pièce pour quatre mains mais seulement deux bras —, et un Chopin mélancolique, avec la transcription de l'Orphée de Gluck, pour finir sur un morceau hyper-connu dont j'ai bien du mal à retrouver la référence (comédie musicale ?), mais de nouveau dans le badinage léger. Oui, six rappels. Rien que ça. Fin à 22h30 — mais qui serait contre passer la nuit avec Yuja, qui ?
Elle reviendra pourtant encore samedi, dimanche, mercredi et jeudi, en musique de chambre et en concert — ce n'est pas pour rien que Cadences lui a dédié une couverture ! Incroyable, elle donne tout, et la peau luisante de transpiration émane jusqu'aux derniers rang du dernier balcon. Aisance et sans prise de tête garantie, le naturel est au programme avec Yuja Wang. On l'adore pour ça, pour son éclat. Au moins le tiers de la salle a été identifié comme voulant l'épouser. Dont moi.
Commentaires
>>un morceau hyper-connu dont j'ai bien du mal à retrouver la référence (comédie musicale ?), mais de nouveau dans le badinage léger.
'Tea for Two', arrangé par Art Tatum (merci à Andanteconanima pour cette précision, il va falloir que je révise la liste des arrangeurs/transcripteurs au piano).
Bien trouvé !! :) (La science d'Andanteconanima m'épate régulièrement...)