impressions de mode
Par palpatine le mercredi 30 janvier 2013, 00:41 - ... et les arts - Lien permanent
J'ai oublié un billet ! Pour le jeudi 17, à replacer avant "l'enfant et les sortilèges" (c'est la seconde fois de l'histoire de ce blog qu'il y a erreur dans la chronologie...).
Exposition "les impressionnistes et la mode", au musée d'Orsay. Revenir jusqu'à trouver le bon créneau sans le kilomètre de queue au dehors m'aura permis d'entrer directement. Il valait mieux, car une fois à l'intérieur, ce fut de nouveau l'attente : une file peut en cacher une autre. Et pourtant, que de monde à l'intérieur ! On commence par une salle sombre et mal organisée : d'un côté des documents sous verre où se pressent un nombre trop important et trop lent de personnes, et de l'autre des belles robes sous vitrines, sachant que certaines sont exposées de telle sorte qu'il faut faire tout le tour, par un autre couloir très étroit où regarder les photos sur les murs engage à se cogner régulièrement contre ceux qui font demi-tour...
Mais quel plaisir de voir les authentiques robes croisées sur les tableaux accrochés ! La première, à la fin de cette première salle, est superbe. Puis c'est une série d'oeuvres accrochées dans une ambiance très rouge, avec sièges sur les côtés tout le long, qui prennent une place abominable. Ce n'est pas bête, même si les miroirs d'en face sont un procédé un peu facile qui rappellent juste à quel point la populasse est mal habillée de nos jours, mais les indications sur le côté, parfois écrites en gris clair, sont clairement illisibles et pénibles. De toute façon, il y a tellement de monde qu'on est rapidement emporté par la foule. Désagréable. On découvre cependant un James Tissot (pas vraiment impressionniste...), "Octobre", magnifique (la demoiselle dessus à croquer étant morte peu de temps plus tard, glauque).
Puis des salles où l'on découvre la vie mondaine, avec robes associées. Trop de monde là encore pour apprécier à la fois les tableaux de près et de loin, manque de recul, pénible, mais plus encore dans certains couloirs extrêmement engorgés où l'on peine à passer : peu étonnant qu'à la série de tableaux dans le rouge sur le même modèle de salle que la précédente, les sièges d'opéra étaient cette fois occupés par la vieillesse... Des chapeaux, mais trop de monde. Une femme nue étendue sur un lit (de qui, déjà ? Très beau tableau), archi-trop-plein de monde. Et puis des habits masculins, enfin, mais pas de grande qualité (quoiqu'au moins, on a une idée de ce que pouvait être un habit classique de l'époque).
Et tout à coup, la dernière salle designée par Carsen, celle qu'on a vu partout, sur l'herbe (il y a d'ailleurs un déjeuner accroché), de l'espace (enfin !!), on peut passer d'un oeuvre à l'autre, flâner, se promener, voir des robes tourner dans leurs vitrines, s'attarder sur l'un des parapluies relocalisés pour l'occasion. Cette dernière salle est une petite merveille, c'est enfin agréable. Étrangement, on termine, avant de sortir, sur un Caillebotte tout triste, avec l'uniformité du noir-gris chez les hommes tuant toute originalité, sous la pluie grise et devant les immeubles haussmanniens tous neufs et déjà tous gris. Impression étrange, comme la fin d'une époque révolue. Après tout, c'était bien le cas...
Commentaires
Le lien sur Octobre ne fonctionne pas et c'est bien dommage, parce qu'après googlage, il se révèle magnifique. Cette lumière... Je ne l'avais jamais vu (reproduit) nulle part - curieux.
Tant qu'on y est, la demoiselle est "à croquer" - sinon, c'est Ève, pas Octobre.
Quant au Caillebotte, ce sont les umbrellas/ombrelles de Renoir transformées en parapluies par la bruine parisienne. Tristoune mais de là à voir la fin d'une époque... tu es vraiment obsédé par l'idée de fin (d'époque/civilisation) en ce moment !
Réparé le lien et l'orthographe. La fin d'une époque, c'est même ce qui est écrit sur le petit carton, de mémoire. Et dans le couloir menant à cette dernière salle, on parle enfin de l'habit de l'homme (tout juste aperçu auparavant en photos de la première salle, avec quelques rares documents d'époque sous vitrine), pour nous dire... que le dandysme va le simplifier au noir & gris, uniformisation en marche.
Suffit sinon de regarder dans la rue, hein : après les extravagances de cette époque, où l'on avait "des robes d'après-midi", on en est au made in China de tous les jours ! On comprend que c'était déjà en germe à l'époque : la modernité, l'industrialisation.
Tiens, j'ai oublié de parler des nombreuses citations littéraires, au premier rang desquelles celles de l'incontournable Baudelaire...