Que de français au ROH : la devise de Onegin, "Quand je n'ai pas d'honneur, il n'y a plus d'honneur", et évidemment les "Dieu et mon droit" et "Honi soit qui mal y pense". Et puis les quatre touristes dans le vent ; plus la Pythie & soeur rencontrées par pur hasard — le seul référencé comme voyageur culturel pour cet évènement étant Hugo, mais il avait réservé sa place pour l'après-midi, ce qui par ma foi n'était pas une si mauvaise idée, ayant été largement conspué pour avoir voulu garder un peu de flexibilité en allant réserver en dernière minute, nous condamnant à la représentation du soir, à la distribution moins enthousiasmante. Souris, JoPrincesse et Andie Crispy, donc.

La chorégraphie de John Cranko commence à être archi-connue (je ne compte plus du tout le nombre de fois que je l'ai vue...) ; il fait plaisir d'entendre un vrai orchestre (sous la direction de Peter Manning) jouer correctement la partition de Kurt-Heinz Stolze dont on ne doute plus une seconde qu'elle était du Tchaikovsky dans une vie antérieure. Sur scène, Valeri Hristov en Onegin, Dawid Trzensimiech en Lensky, Sarah Lamb en Tatiana et Yasmine Naghdi en Olga. Le maillon faible est Onegin, brusque dans ses mouvements (peu assuré apparemment, d'après les expertes), qui peine à faire montre de romantisme ou de dramatique ; le maillon fort est Sarah Lamb, qui assure une très jolie composition, tant d'un point de vue technique que du jeu sensible. Le tout est de fort bonne tenue, avec de très beaux décors et costumes (j'ai eu envie plusieurs fois de dévêtir les deux héros — les héroïnes aussi, certes, mais pas pour les mêmes raisons, et puis je préfère largement Alina Cojocaru, mais ça c'était l'aprem aussi). Il y a une véritable envie qui émane de la scène. Et comme on est bien assis, à l'amphi, pour 22€ (rep à sa l'ONP !), voilà de quoi passer une fort agréable soirée !