Pratiquer des tarifs prohibitifs n'a pas empêché le TCE de faire le plein, contrairement à ce que l'on espérait pour mieux se replacer. Joyce DiDonato attire toujours les foules, malgré un programme aussi flou que "Airs de Haendel, Gluck, Monteverdi, Hasse, Haydn, Giacomelli" — certes, il y a le CD avec, où elle porte d'ailleurs la même robe rouge flamboyante extraordinaire, une Vivienne Westwood d'après Joël. Il Complesso Barocco, avec le premier-violon-chef Dmitry Sinkovsky, accompagnait la belle texane du Kansas, en remplissant parfois quelques interludes pour laisser la voix se reposer. Une heure trente de concert prévu, qui finalement s'est étiré à force de rappels à 22h30 passées, en réalisant d'ailleurs un dernier bis du premier rappel, faute de partition supplémentaire (un Lasciami piangere de je ne sais plus qui d'inconnu). Une fin de concert qui a d'ailleurs été l'occasion de nous rappeler — en VF — l'exceptionnelle capacité de la chanteuse à nouer des relations "intimes" avec son public, et en tout cas sincères. Il y avait d'ailleurs une séance de dédicace, sautée pour cause de RER rare.

Ce fut sinon un récital à l'aveuglette (d'où l'intérêt de ramener sa voisine), dans des places-pour-pauvres du rang Z, où l'on entend fort bien, ce qui est le principal, après tout, entre deux inclinaisons difficiles pour avoir un peu de vidéo — et donc de rouge, avec ou sans manche. La thématique des reines baroques dramatiques n'est pas si mal trouvée, sans être d'une grande originalité, mais surtout les pièces au programme sortaient généralement de l'ordinaire et sentiers battus, signe d'une véritable recherche fort louable. Une excellente soirée (sans l'image).