La dernière de Yuja à Paris : il fallait bien que cela arrive un jour... Après de romantiques Danses de Galanta de Zoltán Kodály pour nous mettre d'humeur, voici donc que la mini-pianiste à peine plus haute qu'un Roland Daugareil assis, malgré ses talons de 12, est venu nous interpréter le redoutable Concerto pour piano n° 2 de Prokofiev, une pièce nécessitant son pouvoir secret de démultiplication magique des doigts. Aaaaah Yuja Wang... Étrangement, et comme si bien noté par ACA, les demoiselles ont été moins sensibles que les messieurs, et pourtant il me semblait bien qu'un peu de sang restait pour alimenter mes oreilles. Allez savoir. Quelle robe jaune ! Sur une peau asiatique pareille, il fallait oser, Yuja l'a fait. Rappels formidables. À lire chez ACA, impossible de mieux faire (il faut savoir sous-traiter/déléguer, dans la vie).

Le chef Juraj Valcuha, malgré le fait que ce soit un homme, a tenté de nous faire comprendre que Yuja n'était pas la seule jeune à avoir du talent en musique, en nous dirigeant après l'entracte La Petite Sirène (Die Seejungfrau) d'Alexander von Zemlinsky. Sans en avoir retenu grand chose qu'un agréable moment musical, c'était pour moi une découverte totale. Apparemment, il faudra fouiller la discographie des locaux, plus à même de comprendre leur musique, comme toujours. Mais l'Orchestre de Paris n'aura pas démérité non plus de toute la soirée. On regrettera simplement l'attribution des nombreuses excellentes places de la salle Pleyel, qui auraient dû rester disponibles pour les ninjas, à des gamins trop jeunes pour comprendre ce qu'ils écoutaient, et encore moins ce qu'ils voyaient. La philanthropie a des limites quand il s'agit de mater Yuja.