Deux fois d'affilée : ça donne envie tout de suite d'arrêter la danse contemporaine un temps pour en revenir à la valeur sûre Giselle... Après l'horreur Chaillot, rebelote au théâtre de la Ville... Y a-t-il une vague, une mode, du type "faisons très mal aux oreilles du public pour lui montrer qu'on existe, et en même temps faisons des contorsions bizarres et répétitives parce que ça c'est du nouveau" ? Des années pour avoir un ticket pour Israel Galvan. Et au final, sacrée déception : le pur spectacle à bobo-branchouille dernier degré (derrière nous, un type est dans son trip et tape dans ses mains, une autre devant à gauche rit aux éclats de la moindre blague — même désespérée dans un camp de concentration, bon public ?).

Il aurait voulu, d'après le programme, rechercher comment danser l'impossible, la persécution du peuple tzigane lors de la seconde guerre mondiale. On ne sait pas s'il faut lui dire de continuer à chercher ou d'arrêter tout de suite. On commence par "fendre l'air" (séquence WTF), puis c'est la plus longue séquence sur la looongue heure cinquante que fait le tout, où l'on torture un vieux piano (oh quel symbole !), avant qu'un chanteur et un guitariste ne donne une couleur résolument flamenco, avec textes espagnols sous-titrés en français (et une petite partie en anglais sous-titrée en anglais), qui parle beaucoup d'amour (classique, inintéressant), avant de finalement dévier, bien plus tard, sur Hitler (qu'on a dans son coeur — ambigu...) et quelque voyage ferroviaire non trop voulu en pays allemand (j'aurais plutôt parié polonais, notons).

Une femme (habillée comme une gitane marseillaise, force couches de survêtements et de tissu moche — une très bonne excuse à persécution) prend le relai pour nous faire à peu près la même chose que le danseur-titre soliste (qui à force de beaucoup gigoter sur place commençait à suer beaucoup — et à nous faire suer ?). Et puis... ça part en live total. Coupure pub (vraiment, hein). On était dans un ghetto, ou un camp (allez trop savoir, c'est très imagé, dans des cageots sur scène), voilà qu'on se retrouve dans du burlesque, avec une grosse mama, puis une danseuse de flamenco sexy (et assez âgée mine de rien : on les produit en série ou c'est toujours la même que l'on voit ?), qui nous font des blagues commerciales de temps à autre. Pas compris.

Heureusement, au bout d'une quinzaine de minutes tout est revenu à la normale avec des poutres métalliques à trainer pour faire mal aux oreilles, saxo et violon qui grincent en accompagnement, et Israel Galvan qui se recontorsionne beaucoup (avec encore quelques projections vidéo). Alors qu'un gus lit des textes allemand... sous-titrés en allemand (il me manque toujours autant de verbes en vocabulaire, et en tout cas, je note que le public du théâtre de la ville n'est pas censé parler l'Espagnol, mais est supposé parler parfaitement l'Allemand : ça veut tout dire...).

Il y avait de l'idée, mais on peut largement dire que c'est raté. Et bon sang, on a payé, on aimerait ne pas se faire agresser par les artistes !