Voilà ce que l'on appelle une arrivée à l'arrache : synchronisation téléphonique avec la souris, trains en panne à St-Quentin, arrivée à 19h55 à Montparnasse, course jusqu'au Châtelet, j'arrive au milieu de la première pièce, A million Kisses to my skin de David Dawson, sur une musique de Bach (au piano), dans une ambiance très bleutée, mais de fait derrière une vitre pour les retardataires entassés. 26 minutes, un vrai bonheur : le ballet national de l'opéra de Vienne (Wiener Staatsballett en VO), pour les étés de la danse, a fort bien commencé. Le programme est moderne, toutes les pièces ont vu leur entrée à Vienne en février 2013. Les balletomanes se demandent ce que Manuel Legris y a fait : pression.

Pendant les applaudissements, je me glisse dans la salle ; muni de sens aiguisés, la souris me détecte alors qu'elle est du bon côté, mais tout devant, près du couloir, de telle sorte que l'on peut opérer un regroupement familial ninja sur strapontin. Parfait. Pièce suivante : Eventide, par Helen Pickett, avec du Philip Glass et Ravi Shankar, puis du Jan Garbarek ("saxophones") et Shaukat Hussain : tout cela est sensuel comme sur la scène. Peut-être facile, mais quand on a d'aussi belles danseuses (encore mieux quand on est aussi près), pourquoi diable se gêner ? Miam ! 22 minutes.

Après l'entracte (coucou Mme la Présidente Marina ! Danse avec la Plume et Bella Figura pour les futurs CR), Windspiele de Patick de Bana exploite encore plus maladroitement que la pièce précédente le 1er mouvement du concerto pour violon de Tchaikovski (19 minutes), avec des costumes d'Agnès Letestu qui piquaient les yeux. Et pourtant, il y eu LA révélation, Kirill Kourlaev, une espèce de grand extra-terrestre capable de choses extraordinaires. Vraiment, sur le cul. Ce type a une présence qui n'égale que sa technique. Une association visant à le rapatrier chez nous s'est immédiatement montée.

Petite pause, et dernière pièce, Vers un pays sage de Jean-Christophe Maillot, sur une belle musique de John Williams (Fearful symetries), très belle chorégraphie, très belles danseuses avec des jambes à se damner (pas mal de poupées russes, à emboiter). On ne comprend pas très bien la fin, vers une toile (un drap ?) qui descend vers le fond, alors que les danseurs vont s'extasier devant : en fait, c'est le titre qui donne la réponse, et le programme qui attribue les peintures originales à Jean Maillot (apparemment le père du chorégraphe). Soit. À noter que les danseurs ont attiré l'oeil du connaisseur Philippe Villin, juste devant sur strapontin aussi, très accroché à ses jumelles aux moments stratégiques ; mais je vote tout de même pour les danseuses.

Une soirée de comtempo originale, rafraichissante, pas chère (certes je me suis beaucoup replacé, mais c'était assez peu rempli !), avec de belles danseuses. Que les viennois reviennent quand ils le veulent, ou nous irons les voir !