Carlos Acosta est un référentiel bondissant qui sur cette seule caractéristique émoustille déjà la souris. À en croire la présence d'autres demoiselles balletomanes dans la salle, il n'y a point qu'elle. Arrivés le matin même à Londres, la mission consistant à trouver une place pour l'après-midi même à 15h semblait quasi-impossible. Mais pour l'une de ces rares occasions où le Coliseum est plein à craquer, l'ENO redécouvre des places debout en fond de premier balcon, particulièrement inconfortable pour cause de passage légèrement incliné et de séparation en bois qui craque dès qu'on s'approche — on essaie donc de garder l'équilibre. Voilà qu'on y retrouve Bella Figura ; pour la 2e partie, une opération ninja nous aura mené non loin de B#6, un balcon au dessus, le dernier, mais dans les premiers rangs de côté. Parfait pour mieux apprécier sur la longueur : en tout, ça a bien duré 2h30 !

Le programme est composé d'une myriade de pièces diverses, essentiellement des pas de deux, extraits de grands ballets ou en pièces indépendantes, avec Carlos lui-même ou sans lui.

Winter Dreams (MacMillan) : Carlos Acosta & Marianela Nunez
Dying Swan (Fokine) : Melissa Hamilton
Rhapsody (Ashton) : Yuhui Choe & Ricardo Cervera
Sheherzade (Folkine) : Carlos Acosta & Marianela Nunez
Manon (MacMillan) : Leanne Benjamin & Nehemiah Kish
Diana and Actaeon (Vaganova) : Carlos Acosta & Marianela Nunez
Mayerling (MacMillan) : Carlos Acosta, Leanne Benjamin & Ricardo Cervera
Gloria (MacMillan) : Nehemiah Kish & Melissa Hamilton
Requiem (MacMillan) : Carlos Acosta & Leanne Benjamin
Rubies (Balanchine) : Ricardo Cervera & Meaghan Grace Hinkis
Apollo (Balanchine) : Carlos Acosta & Marianela Nunez
Tryst (Wheeldon) : Eric Underwood & Melissa Hamilton
Memoria (Altunaga) : Carlos Acosta

Cette espèce de gala, faisant intervenir autant de danseur que d'extrêmement jolies danseuses, n'a pas donné dans l'artifice et l'excentrique de la virtuosité à tout prix. Restant simple, le risque est cependant de ne point trop briller, voire d'ennuyer qui n'est pas expert pour apprécier le micro-détail exalté par une concentration de grands artistes sur de petites pièces. La seconde partie était plus trépidante. Évidemment, Carlos Acosta a terminé son show en sautant partout, à la grande joie d'un public conquis.