Je dois à Chaumet d'avoir été invité aux vendanges de l'avenue Montaigne, cette année. Il faut dire qu'avec le turn over de ST Dupont, ça devient dur d'être dans des petits papiers de vendeurs. Assisté de mon petit rat, nous allâmes donc tester petits fours et champagnes (et jus de fruits pour ma part) des différentes boutiques, tout en essayant de ne pas enfiche partout sur des vêtements aussi beaux que chers. Mission peu facile chez Elie Saab, qui recèle de pures merveilles, pourvu qu'on puisse mettre plus de 2500€ dans une robe (d'un autre côté, à ce prix, vous avez le haut et le bas : ça reste moins cher que du sur-mesure masculin, donc) ; avec de délicieux petits-fours Dalloyau, autant dire qu'on est passé près du drame.

D'autres boutiques furent moins accueillantes, rivées à leurs listes d'invités de LEURS boutiques. Ce qui évidemment finit par bloquer les passages d'une boutique à l'autre, et sur-peuple les quelques boutiques qui ont joué le jeu — chez Marni, on fut extrêmement bien accueilli, ce fut fort bon, mais la fringue n'était pas extraordinaire malheureusement. D'autres boutiques étant de fait assez vides ont tout de même transigé : ainsi de Versace et sa nouvelle adresse, où l'on a pu longuement s'entretenir sur les stratégies familiales et les petites tailles — mais pas grand chose d'excitants (voire de pas moche, voire de pas excessivement cher sans trop de raison), si ce n'est un sublime manteau à coupe en biais, mais dont le lainage est assez lourd. Après avoir fait un tour chez nos hôtes sympathiques, tour rapide étant donné qu'il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent (la montre que je convoite était d'ailleurs à l'extérieur...), nous fîmes une halte chez Smalto, qui filtrait aussi, mais nous a trouvé présentables.

Le DG de la maison a totalement flashé sur le petit rat. Quelque chose d'extraordinaire. Ils sont assez barrés, dans cette boutique, totalement exubérants — surtout lorsque MC Solaar débarque dans le salon de grande mesure à l'étage. Mais la réception fut excellente, en plus de ce délicieux aspect "carnaval des animaux", au pays des riches, où le dérèglement des valeurs standard ne peut qu'amuser les bobos gauchistes qui retournent dans leurs trente mètres carrés avant minuit. Philippe Bilger, qui passait par là en se rendant à RTL, et que l'on a malheureusement raté, fut pour sa part, sur Twitter, fort interloqué que ce genre d'évènement puisse exister — et on ne pourrait le taxer de communisme. Pourtant, qu'est-ce que c'est bon, les vendanges de Montaigne !