"Inside Llewyn Davis", c'est l'histoire d'un gars des années 60 (Llewyn Davis, Oscar Isaac) qui gratte sa guitare dans les bars en attendant le succès, et glisse d'un lit d'ami à un canapé de fraiche rencontre, sa guitare comme seul bagage de valeur, encombré tantôt de vieux disques invendus, tantôt d'un chat, qu'il sème par endroit, et surtout chez Jean Berkey (Carey Mulligan), elle aussi chanteuse, avec son mari Jim (Justin Timberlake), mais de cette complexité de femme désirée, fidèle mais volage. Llewyn suit son périple qui ne mène à rien, en loser magnifique des frères Coen, pour un film qui, mis à part ses personnages (et notamment celui incarné par John Goodman), délirants, ne fait pas partie de la même veine de réalisation habituelle. Comédie dramatique musicale bien ancrée à une réalité d'époque, c'est 1h45 de galères légères et graves d'un artiste poisseux. C'est beau, ça dégage une poésie du désespoir déprimant, une recherche vaine de sens, une promenade de vie sans but. À quoi bon, en fait, si ce n'est d'éviter de mourir de froid ?