Parfois, il faut visiter de mauvaises expos pour se rappeler pourquoi les bonnes sont bonnes. Voilà donc qu'Orsay a décidé de donner dans le facile à l'image de la Pinacothèque, avec un thème qui n'en est pas un : "Masculin/Masculin", c'est fait pour voir de la bite/bite. D'ailleurs, ça veut attirer à la fois la féminine mouillant devant les beaux pectoraux (mais pas devant les petits pénis artistiques), et surtout le gay des marais, rassasié à coup de Pierre et Gilles ou de David La Chapelle, mis en vis-à-vis selon des divisions aussi pertinentes que "héroïsme" ou "Dieux du stade", avec de grands classiques. Et alors qu'il y avait clairement des pépites à retenir de tout cela, dans l'espèce d'accumulation bordélique de mecs-à-poil, il n'en reste plus trace une semaine plus tard dans la mémoire... Il faut dire qu'en plus d'être un joyeux capharnaüm, la muséographie est absconse et les petits écriteaux à la fois minuscules et illisibles.

La galère était prévisible, mais le touriste se fait aisément avoir dans la supercherie — d'ailleurs, c'était blindé. Emporté par la surprise familiale dans cette galère, il y eut heureusement une merveilleuse surprise au dernier étage du même musée d'Orsay, pour compenser cette malheureuse aventure.