Perchée au sommet du musée d'Orsay, "Allegro Barbaro" est une exposition éponyme d'une pièce pour piano de Bartok qui mérite amplement d'être vue — contrairement à l'exposition payante de surcroit qui hante le rez-de-chaussée. Les artistes hongrois avaient investi Paris au début du XXème siècle. Le léger problème avec les Hongrois, c'est qu'ils ont tendance à être alliés à ceux qui nous font la guerre — et à la perdre, rabougrissant en quelques années deux tiers de leur territoire, au profit de la Roumanie notamment. Les toiles et les pièces musicales se succèdent dans l'originalité et l'esthétique empreinte de joie et de mélancolie, de traditions et de modernité, d'autoportraits et de rues, toujours de couleurs étranges et décalées. Évidemment incompris, ils fascinent à présent — pour qui serait amené à connaître. Une longue et riche exposition à voir et revoir, pour faire beaucoup de découvertes surprenantes. Ou voir Bartok lui-même jouer du piano (après la salle réservée à de larges extraits de Barbe Bleue).