"Le Parc", c'est le best seller de l'ONP. En théorie : par un miracle mélangeant probablement un trop-plein de redifs, une baisse touristique, des prix trop élevés et l'auto-concurrence de la Belle à Bastille, le Palais Garnier n'était pas plein, et la deuxième loge de côté juste avant le tournant ne comportait que la souris et moi. Au balcon, pour cette soirée d'abonnement AROP, du VIP : Bernie tout seul, le Villin (qu'on n'arrête pas de croiser ces temps-ci !), les Schweitzer (pas vus depuis longtemps), bref l'assurance d'une distribution idéale. Parce que finalement, ce sont bien Aurélie Dupont et Nicolas Leriche qui ont été mobilisés.

Les jardins de Versailles sont propices aux jeux amoureux — la souris confirmera. En costumes d'homme, le ballet masculin et féminin (gender ! Gender !) se court après, entre deux séances de jardinage. N'oublions pas les jardiniers, voyons, qui sont le "vrai" Prejlocaj de l'affaire, robotisés, hermétiques. Évidemment, ce que l'on retient, ce sont les séances de chaises musicales, le cache-cache avec les très jolies danseuses retrouvant des robes blanches légères (intense moment hétérosexuel, émotions), et le baiser final, ah ce baiser tournoyant, c'est quelque chose...

Vu d'un peu plus près que la dernière fois (supplice chinois de l'amphi), la construction sentimentale du ballet apparaît délicate, fine, pertinente. Ces chorégraphes contemporains sont souvent dans le plus grand n'importe quoi par défaut, mélangeant excellentes idées et WTF le plus total : tout dépend de l'histoire de la genèse, on peut placer l'équilibre sur le meilleur comme sur le pire. Le Parc est peut-être guimauve — hors jardiniers, ne les oublions pas —, mais ça marche extrêmement bien, entre Mozart et musique techno. Prejlo est même venu aux saluts.