Alonzo King, la souris m'a dit qu'elle en avait beaucoup entendu parler, alors nous prîmes des places pour Chaillot, samedi aprem (c'était blindé, jolie inorganisation digne de l'opéra de Paris pour arriver à ne pas faire entrer tout le monde avant le début de la représentation). Une petite quinzaine de danseurs de toutes couleurs, une moitié des filles extrêmement épousable, et puis la mezzo-soprano qui chante Maya Lahyani ce qui ressemble à de l'arabe (Compositions musicales originales Ben Juodvalkis, Leslie Stuck ?), mais aussi plus tard parfois en allemand, parfois en italien (le programme indique : Georg Friedrich Haendel, Antonio Vivaldi, Johann Strauss, Sathot, Arvo Pärt), avec ou sans la pianiste Hadley McCarroll.

Au début, il y avait le voile. Des boules étoilées suspendues (la "Constellation"), et des danseurs fluides, autour, en cueillant une de temps à autre. Les tableaux poétiques se succèdent, inégaux mais tous beaux en première partie ; en seconde partie, en revanche, le début aux guirlandes était probablement de trop, et au bout d'un moment, la lassitude gagne : on est assez heureux que ça s'arrête, tout de même, comme si on avait trop vidé de son jus une bonne idée initiale. Surexploitation de ressources esthétiques.

Étrangement, donc, j'ai bien trouvé cela très beau dans l'ensemble, mais... peu émouvant. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Pour compenser le "petit truc" qui faisait que ça ne marchait pas tout à fait, il y avait tout de même ces trois danseuses superbes dont j'aurais aimé retrouver le nom, si je n'avais point oublié mon programme dans la salle... Aux saluts, le chorégraphe était bien présent. Public très conquis.