Il devient rare que j'aille entendre l'Orchestre National de France au TCE le jeudi (qui est la soirée Orchestre de Paris par défaut). Mais pour un programme Wagner-Strauss-Bruckner, ce serait péché, surtout avec un spécialiste du genre à la baguette, Daniele Gatti. Alors avec la souris, qui continue de découvrir ce genre de musique, nous prîmes deux places à pas cher, et comme la fois précédente pour Goerne, nous migrâmes tels des ninjas à l'aise dans une salle peu remplie vers le centre du second balcon.

Le son monte : c'est ce que sait tout bon mélomane. Et quand l'orchestre est massif, il monte d'autant plus. Vague musicale, d'abord avec l'ouverture (il faut toujours commencer par une ouverture) des Maîtres Chanteurs, pas la plus connue ni la plus excitante, ensuite avec Mort et Transfiguration, qui nous a... transfiguré (c'était ça ou être décédé).

Mais le gros morceau, c'était évidemment la 4e de Bruckner. J'écoute tellement Bruckner chez moi, que moi aussi, je peux diriger de mémoire. Bruckner, ça vous débouche les oreilles. Bruckner, ça vous décrasse. C'est la première fois que le public lui reconnaissait un succès, avec cette symphonie. Bruckner, c'est l'ostéopathie musicale : c'est bourrin sur le coup, mais quand on sort, on a viande plus tendre. Et c'était bon.