"Boris Godounov" a attiré tous les lyricophiles de la ville à la salle Pleyel, mercredi dernier : l'opéra de Modeste Moussorgski, 1869, n'est que rarement donné, et encore moins dans cette version originale sans ajouts "polonais" (pour faire frétiller les jurys de concours en ajoutant des rôles féminins plus ou moins artificiels), de deux heures sans interruption. D'autant que le Capitole Toulouse était dirigé par son Tugan Sokhiev, assurant une qualité russe d'origine contrôlée (l'ami russe approuvera sans doute). Le Choeur Orfeon Donostiarra (José Antonio Sáinz Alfaro en chef de choeur) est fort sollicité dans ce genre d'oeuvres : surtout au début, les chants sont d'une puissance à couper le souffle. Très belle distribution.

Ferruccio Furlanetto : Boris
Anastasia Kalagina : Xénia
Ain Anger : Pimène
Vasily Efimov : Missail
Stanislav Mostovoi : L'Innocent
John Graham-Hall : Prince Shuisky
Garry Magee : Andrei Tchelkalov
Pavel Chervinskiy : Nikitch, Mityukha
Alexander Teliga : Varlaam
Marian Talaba : Grigori
Svetlana Lifar : Fiodor
Sarah Jouffroy : La Nourrice de Xenia
Hélène Delalande : L'Aubergiste
Vladimir Kapshuk : Un Boyard

Notons pour mémoire (hétérosexuelle) l'entrée de la jeune Hélène Delalande (qui tourne pas mal en province) avec une robe à dos nus et un minois émouvant (même si elle souffre de cette maladie féminine dite "des gros bras", Alice Renavand étant celle sur laquelle cela se voit le plus, trahissant son passé — bref). Les premiers rôles, et notamment celui de Boris (par Ferruccio Furlanetto) étaient tout à fait parfaitement interprétés : cette représentation était absolument géniale de bout en bout. Du grand Moussorgski !