L’orchestre de Paris a tourné américain, pour une soirée réellement exceptionnelle du point de vue de la programmation. J’aurais parié que peu se seraient déplacés, surtout en voyant le hall vide, mais que nenni, le public parisien était bien présent pour le second concert du jeudi. Et pour commencer sur les chapeaux de roues, le George Gershwin que l'on entend parfois en rappel vitaminé, "Ouverture cubaine". La souris jubile déjà.

Le Charles Ives faisait déjà parler de lui dans le hall, entre mélomanes : comportant un son stéréoscopique, un mini-orchestre était annoncé (par les ninjas se faisant une rediffusion) dans une des bergeries (cour). Il fallait donc bien choisir sa position dans la salle, en fonction de l’acoustique — d'où le choix d'un rang à 3/4 de parterre et côté jardin. 50 ans d'attente post-mortem pour arriver à monter cette pièce, pourtant assez courte, qui à un moment fait jouer deux autres sous-orchestres avec des partitions différentes. Le chef Ingo Metzmacher est alors secondé au balcon par un assistant (il y a une harpe qui au final doit jouer trois notes et demi...), et plus hallucinant encore, un bassoniste descend tout à coup de l'estrade pour diriger le coin haut-cour de l'orchestre qui fait sécession !

Après l'entracte, découverte totale de George Antheil, Jazz Symphony, dont j'ai retenu que c'était aussi intéressant que court, et il faudra réécouter (avec plaisir) pour le retenir. Et pour finir, l'incontournable Leonard Bernstein, West Side Story (Danses symphoniques). I want to be in America!