"Real" promettait. On ne savait pas trop quoi, mais ça promettait. Et puis un film japonais, ça promet toujours, surtout quand le réalisateur est un Kurusawa (Kiyoshi Kurosawa, l'autre il est mort). Adaptation d'un roman de Rokurô Inui, A Perfect Day for Plesiosaur : méfiez-vous des plésiosaures... Ça commençait fort bien, dans cette veine de l'exploration de la psychée d'autrui (intrusion dans l'esprit d'une comateuse), qui recoupe quelques thèmes philosophiques occidentaux (cf les films tels que Existenz, Matrix, Inception...) mais aussi nippons, avec la place prépondérante des yume (rêves). En même temps, avec mon oeil aiguisé, j'ai détecté le premier twist assez longtemps en avance...

Il y a un moment où l'on se demande où l'on va aller. Le problème avec les rêves, c'est que le délire n'est jamais trop loin, ça peut partir dans tous les sens. "Real" a le problème des mangas qui laissent un goût de non-fini. On a trop voulu en faire, et du coup, on n'en a pas fait assez. Pis encore, lorsque le public rit de certaines scènes flirtant avec l'absurde, et que ce n'était point le but recherché, on peut dire que c'est contre-productif. Restent, pour compenser, des acteurs formidablement beau. La souris a bavé sur Takeru Sato, que je lui laisserais volontiers contre la pop-star Haruka Ayase, de ces filles à la beauté infini qui n'ont jamais froid. On touche d'ailleurs là à la plus grosse incohérence du film : même dans le coma, si tu pénètre mon esprit aussi bien gaulée (ou inversement), crois-moi qu'on ne va pas jouer au scrabble...