Cette semaine est passée un peu trop vite pour en retenir quoi que ce soit. Je n'ai pas fait de CR de la séance de deux heures, dimanche, avec Silvia Federici, sociologue militante féministe crypto-marxiste, mais c'est que le livetweet suffisait je pense. L'idéologie sous-jacente (re)constructiviste des positivistes de tout poil leur empêche de concevoir correctement les choses : leur rejet du monde tel qu'il est, source de leur frustration mais aussi source de leur espoir-raison de vivre, dénature leur puissant intellect (assez brouillon) pour les mener sur des chemins totalement étranges (que l'on nomme couramment "WTF"). Ainsi, déterminer si la femme capitalisée doit obtenir salaire de la société pour être procréatrice des futurs ouvriers (je simplifie à peine) est une vision qui méconnaît les principes juridiques (le salaire dans le monde bureaucratique est fondé sur le contrat), l'histoire (on a parlé de capitalisme à l'époque de la "chasse au sorcière" -- elle-même étant fantasmée, manifestement, selon les rapports du siècle des Lumières dont on connaît à présent l'exactitude toute relative), la structure de pouvoir et de reproduction qui est la base de toute société humaine, etc.

Bref, on peut voir des choses intéressantes et en tirer des conclusions totalement fantasques, même avec nombre de nuances qui laissent espérer une certaine modération. Penser des bulles de savon est une grande spécialité des intellectuels qui n'arrivent pas à s'abstraire de leur matrice idéologique et culturelle (j'ai lu un article, récemment, d'une directrice de recherche en sociologie au CNRS -- pas n'importe qui ! -- discutant du salariat dans le monde, comme s'il était tout à fait standard, naturel, inévitable que les relations de travail soient ainsi gérées, alors que c'est typiquement occidental, et seulement depuis un siècle...). Et que dire de "chercheur militant" dans ce cadre-là ? Chercher à défendre sa thèse préconçue n'est pas "chercher" tout court : avec un tel niveau intellectuel reconnu, ne pas arriver à trouver cela (surtout à un âge avancé), voilà qui laisse fortement rêveur... Il n'est pas certain que nous laissions beaucoup à l'avancée de l'humanité dans la connaissance, malgré la profusion moderne des pensées et l'ébullition actuelle.