J'hésitais fortement : deux places rentraient en concurrence, mercredi dernier. D'un côté, TCE avec Philippe Jarrousky, et donc une Hinata-chan dans un état libidineux second (ce qui est aussi rare qu'agréable) ; bonus : du Purcell et un contrebasson qu'on ne voit jamais trop plus. De l'autre côté, orchestre de Paris, programme très original, et Sergey Khachatryan que je n'ai pas vu depuis des lustres. Au début, je penchais pour le TCE, et revendre ma place de Pleyel (qui était plus chère). Et puis j'ai laissé traîner l'indécision, et la vente ne s'effectuait pas. Alors, j'ai laissé le destin choisir : la première place à partir décidera de la soirée. Il a fallu un peu forcer : manifestement, les addicts de Jarrousky seraient plus nombreux pour racheter une place de dernière minute (et effectivement, belle file de dernière minute : mais dans sa grande tradition d'accueil chaleureux du public, interdiction d'en faire la promotion, évidemment outrepassée dès que j'y ai rencontré des amis ninjas, l'ami berlinois étant le bénéficiaire final). Et puis entre la souris et Lola (annoncée sur Twitter par un musicien de l'orchestre de Paris très attentif à mes goûts), la balance reflenchait...

L'italien Gianandrea Noseda a un air fort sympathique à la direction. On commence avec le beau (et inconnu ?) "Les Préludes" de Franz Liszt, d'esprit wagnérien léger. Et puis il y a le Concerto pour violon n° 1 de Max Bruch. C'est vivant ! C'est doux, c'est neuf ? Sergey Khachatryan montre ses talents infinis au violon. Mais il nous coupe l'ambiance avec un Bach-en-bis (ok, il est super beau son Bach, mais il sait faire des choses beaucoup plus fun d'Isaÿe qui auraient été meilleurs dans l'ambiance. Bref, halte aux Bach-en-bis).

Après l'entracte, le chef italien a proposé son concitoyen (hum) Ottorino Respighi, mis au banc de l'histoire musicale (pour raison politique ? Parce que son maître Max Bruch est lui aussi injustement tombé dans l'oubli ?), quoique présent dans Fantasia. Et pour cause ! Les oeuvres "Les Fontaines de Rome", suivie de "Les Pins de Rome", sont vivantes, pleines d'énergies, d'inventivité, de cette époque straussienne-mahlerienne aux grands orchestres poétiques qui nous disent des choses. Un super concert ! (Où j'ai à peine entraperçu Lola au contrebasson, avec sa tresse de côté : elle nous manquera, jusqu'à septembre prochain !)

(Et pendant ce temps, au TCE, Hinata-chan faisait un bad trip avec son Philippe — de toute façon, leur histoire ne pouvait pas durer, question physique. Mais l'ami berlinois n'a pas détesté les remix jazzy de Purcell, conspuant même les puristes fâcheux — ces allemands, j'vous jure...)