"Notre-Dame de Paris" revient de temps à autre à l'opéra de Paris (à présent à Bastile, dont la très grande scène sied particulièrement), mais cela faisait longtemps que le ballet de Roland Petit n'était programmé (on a dit que Bribri a une certaine nostalgie pour ce ballet qu'elle a dansé). La balletomanie attendait donc l'évènement, mais apparemment plus par intérêt historique : il semble que l'œuvre n'ait pas beaucoup conquis, et que bon nombre sont plutôt venus assister aux dernière de Nicolas Le Riche.

Pourtant, au-delà du kitsch daté des années 70, où l'on ose des costumes de garde digne du futur passéiste de Pierre Cardin, au-delà des délires de mauvais goût comme ces prostituées à grosses poitrines greffées, il y a une harmonie tout à fait captivante, notamment dans les effets de groupe, pré-flashmobs des temps anciens, avec tout de même vingt-quatre danseurs colorés tels des M&Ms. Il y a Eleonora Abbagnato en brune (tout de même) pour une Esméralda moderne et revêche, aux mouvement acérés. Un Quasimodo craquant (même bossu Nicolas Le Riche fait rêver la balletomane), dynamisant et omniprésent. Un grand prêtre Frollo sévère — Joshua Hoffalt. Un Phoebus beau-gosse-de-province (ie coiffé comme un plouc décoloré), Florian Magnenet.

Entre la crypte de fond de scène, les plateaux amovibles et les panneaux (dont la façade et surtout la cloche), la scénographie marche plutôt très bien. D'une durée d'une heure plus une demi-heure (sortie à 21h25), ça se traîne parfois (moments soporifiques accentués par la non-climatisation de la salle), mais le second balcon est profitable pour apprécier les effets de groupe, qui avec la variation d'Esméralda et le cochon pendu sur les cloches de Quasimodo, restent les meilleurs moments. Pas déplaisant, mériterait probablement une révision (un Noureev de 2042 nous transformera ça en ballet de 3 heures, peut-être — finalement, y gagnerait-on ?). On a même découvert au passage que Jean-Michel Jarre sait composer du très bon symphonique. Il s'est passé des choses vraiment étranges dans les années 70...