Le premier spectacle de la saison aura été du total pied levé : je n'avais pas du tout vu ce "Limb's Theorem" au théâtre du Châtelet. Vendredi soir, c'était annoncé complet. Soit. Retour samedi après-midi, pour la seconde représentation : on nous propose un reste de places paumées et plutôt chères. On passe. On part déjeuner. On revient : peuple monstre dans la file des derniers-minutards. Ciel ! La souris occupe le devant du théâtre à la recherche d'une revente ; je me mets en file. Après déduction, je devine qu'il y a de la place libre. Et combien ! Tout le monde est servi, et plutôt fort bien. À notre tour : à droite, au guichet, la femme qui nous avait renseignée engueule une jeune touriste parce qu'elle a demandé si elle pouvait payer par CB (réponse : oui). À gauche, une jeune femme qui a l'air beaucoup plus sympathique. Croisement de doigts : bingo. Places au fond de corbeille, de 3/4. Et puis "ah non, attendez". Suspense. Places 5 et 7, plein centre, premier rang, corbeille. Places de ministres. 15€ l'unité. Cherchez pas.

Trois pièces, 2h15 avec entractes. Du pur Forstyhe comme on aime. Fluide, techno, rapide, construit, parallèle, obscur et clair, interagissant avec des formes et panneaux (je présume que la moitié de la salle côté jardin a raté pas mal de la troisième pièce...), fourmillant d'idée, avec sa grammaire propre. On a eu envie de crier notre amour à William. Assis place 3, avec son bob sur la tête. What?? Is it Bill?! Finalement, la seule interaction, outre de parler de la musique un peu forte de Thom Willems avec la souris (il était encore plus au point niveau bouchage d'oreilles), aura été d'échanger nos places pour lui permettre de mieux s'échapper avec son acolyte (Michael Simon, scénographe ?) pour les saluts — provoquant quelques déplacements qui ont perturbé puis amusé JF Zygel et son ami (j'ai donc, au final, pris la place de William Forsythe et pris comme quasi-voisin JF Zygel...).

Il paraît que Forsythe, après s'être égaré dans le nawak, revient à ses vieilles amours. Pour le festival d'automne, on avait un peu peur. Mais avec Limb's I et Limb's III, entrecoupés de Ennemy in the Figure, trois pièces de 1990, on ne pouvait pas se tromper. Le ballet de l'opéra de Lyon est toujours aussi brillant dans ce répertoire. On retrouvera tout le monde au théâtre de la ville, en face, avec très grand plaisir !