"Shirley" ("voyage dans la peinture d'Edward Hopper") de Gustav Deutsch est un étrange film introspectif et pictural venu d'Autriche, faisant figurer dans tous ses états une magnifique & magnifiée Stephanie Cumming, dont on ignore à peu près tout (quelques courts, "performer" et chorégraphe canadienne à Vienne... Mais quel âge ? Une belle fin de trentaine à n'en pas douter). L'idée est la suivante : on reprend de célèbres (mais pas les plus célèbres non plus) tableaux de Hopper, et on raconte une histoire contemporaine — étalée des années 30 aux années 50, donc, mais avec une actrice intemporelle, elle-même comédienne dans le film. Un magnifique travail de lumière et de plastique, dans de petites scènes se succédant durant 1h33, perdues dans les pensées de l'héroïne (parfois complétée d'un second rôle masculin par Christoph Bach). C'est statique et poétique, une expérience très originale, quoique pas totalement enthousiasmante.