Il a eu le western spaghetti. Voici le western danois. En VO au début — avec de la très très très jolie danoise pour compenser la langue. Le western explore la zone de non-droit de l'humanité, celle où l'institution devient vacillante : que devient alors l'humain ? Certes il y a la violence. Mais surtout, "The salvation", c'est la lâcheté. La lâcheté absolue d'un village au milieu du désert que dépeint Kristian Levring pendant 1h33. John (Mads Mikkelsen) et son frère sont des anciens de la guerre : ils ont appris à éviter la violence et cherchent la tranquillité au milieu du désert. Delarue (Jeffrey Dean Morgan) et son acolyte Le Corse (Eric Cantona) sont à l'opposé : après avoir aidé un village à exterminer des indiens locaux, ils ont vendu leur âme au capitalisme pétrolier naissant pour exproprier par la peur les habitants. Au milieu, Eva Green, ambigüe muette, magnifique défigurée.

"The salvation" est un western violent où l'on n'est jamais tranquille. L'ennemi est partout, et l'allier peut être inattendu. En ce sens, la psychée couarde générée par la terreur et la réduction de l'homme en loup pour l'homme, sont particulièrement bien exposés : on déteste bien plus ces villageois imbéciles, fuyards et surtout complices collabos de leur propre drame, que le méchant officiel. Intéressant, et fort bien réalisé !