« National Gallery » est le dernier Wiseman en date (et ce billet est à replacer au samedi 18 avant Castor et Pollux). Qui comme toujours, dure peu ou prou trois bonnes heures, à gambader dans l’institution décortiquée, ici à Londres, sur Trafalgar Square.

Wiseman a l’oeil acéré et l’art d’expliquer les institutions sans aucune voix off, en laissant parler les personnages de la vie réelle. Mais ici, il y a assez peu à observer : une réunion sur le fait de savoir si l’on s’associe ou non à une manifestation caritative envahissante sur la place ; les processus de restauration (que l’on voit beaucoup, mais dont on voudrait en savoir bien plus) ; une revue par des experts d’art, pour des recherches ; la mise en place d’une exposition temporaire par des menuisiers (plus l’arrière du décors que l’institution en soi) ; pas grand chose d’autre. À la place, comme on entrait dans les cours de Berkeley, il a filmé les conférences données par-ci par-là dans le musée, et ça n’en manque pas.

Forcément, c’est passionnant — l’auteur choisit assez précisément ce qu’il souhaite nous montrer du géantissime musée, notons. Mais quelque part, on manque la fameuse mécanique culturelle, contre une linéarité didactique sur les oeuvres elles-mêmes. Dommage. En même temps, le tout reste toujours captivant, quand bien même le système marche moins bien.