« Interstellar » a souvent un goût de 2001, mais avec cette couche psychologique de Christopher Nolan, même si l’histoire de 2h49 (oui quand même !) peut sembler assez prévisible (au fur et à mesure de la progression) pour tout fanatique de Star Gate qui se respecte (plutôt SG Universe, d’ailleurs). Pourtant, le projet date de 2006, et Nolan l’a intégralement récupéré plus tard. Dans le rôle principal de l’explorateur sacrificiel ayant la responsabilité de trouver un monde nouveau, Matthew McConaughey assure une prestation absolument crédible, sans tête de jeune premier. Anne Hathaway préside aussi au repeuplement de la Terre, rôle tantôt échu à Emma Watson au début de l’année dans un navet cataclysmique, et nous en sommes fort aise. On trouve de la vielle légende — Michael Caine —, de la rousse formidable — Jessica Chastain —, une jeune fille dont la beauté est à se damner — Mackenzie Foy, appeau à pédophile mais bientôt légale —, et même des seconds rôles de premier choix — Casey Affleck, Matt Damon.

Habitué des pirouettes depuis Inception (qui lui aussi allait puiser dans du connu — du eXistenz ou du Matrix), Nolan arrive à reboucler sur lui-même et à justifier ses paradoxes temporels comme il peut (en vrai, ça ne tient pas forcément debout, mais on lui pardonne : ce n’était pas gagné, et c’est plutôt bien trouvé). En plus, pour une fois, on ne raconte pas trop de conneries physiques (et on a une relativité générale appliquée, chapeau !), on sent que la série Stargate a eu des effets bénéfiques sur les scénaristes de science fiction. Pour un film du genre, et allant même convertir des non-habitués, c’est franchement réussi. La musique splendide d’Hans Zimmer y fait pour beaucoup, mais même en se doutant dès le début de l’issue (par un truchement sénaristique qui, reprenant les codes des reportages modernes, nous faisait au début craindre le pire), on se sent souvent pris dans une sacrée essoreuse. Lessivé, mais content.