Dans « The road home » (Wo de fu qin mu qin), Zhang Zimou avait révélé à la planète (heu, chinoise, je n’ai malheureusement toujours pas vu ce film…) la fabuleuse Zhang Ziyi. Dans « Coming home », nous aurait-il révélé Zhang Huiwen, sidérante jeune beauté ? Toujours est-il qu’il le fait avec sa muse de toujours, Gong Li. Et l’un des acteurs-fétiches de Hero, Chen Daoming.

De Zhang Yimou, je regrette énormément qu’il soit si difficile de se procurer ou de voir, hors Chine, tous ses films : beaucoup sont filtrés — et à Beijing, je n’ai pu trouver que du mandarin sous-titré uniquement en cantonais, ce qui n’aide pas beaucoup. Qui plus est, le réalisateur connaît des périodes sans rien, suivies d’intenses sorties : il semblerait que depuis trois ans, il filme en parallèle, à voir la liste des films promis prochainement.

Cette oeuvre-ci est justement celle d’un retour, d’un double-retour. Le premier est raté ; le second, par la force de l’Histoire (l’arrêt de la Révolution culturelle, celle-la même qui empêchait Zhang Yimou de se réaliser dans le cinéma), arrivant trop tard. Car celle qui attendait son mari prisonnier politique a reçu un choc, terrible, et ne se souvient plus de celui qui doit lui revenir. Celui-ci essaie alors tous les artifices pour se rappeler à la femme qu’il a aimé vingt ans sans la revoir, avec une fille qui l’a renié et qui à présent doit expier — elle aussi brisée dans l’affaire.

Un drame qui est étonnant dans une Chine qui affronte le passé proche, en repentance peut-être, des errements du Grand Timonier.