Un orchestre de Paris le samedi, voilà qui est original. Avec un horaire à 19h, comme ça, pour changer aussi… Pour un 14 février, il faut du spécial. D’abord, Lola, toute en beauté. Ensuite, un programme spécial amoureux. « L’amour interdit », donc. Comme entre moi et Lola (« L’amour à sens unique » aussi aurait pu seoir).

On commence, comme à l’accoutumée, par une ouverture : celle, très rare, d’un pré-Wagner, « La Défense d'aimer, ou la Novice de Palerme », du temps où ça ressemblait à du Rossini. Puis un Richard Strauss, le « Don Quichotte », poème symphonique pour violoncelle et orchestre, op.35, avec Antonio Meneses au violoncelle. Il y a des choses amusantes, dans cette partition que j’oublie assez régulièrement.

Le chef Fabien Gabel reprend sur la suite orchestrale made by Erich Leinsdorf du « Pelléas et Mélisande » et Claude Debussy. Forcément, c’était fort beau, surtout depuis le premier rang (de côté) du premier balcon, où nous dûmes migrer après que les retardataires eurent repris leurs sièges légitimes (ça arrive souvent, dans cette salle philharmonique…). Et on finit par un prélude. Mais lequel ! « Prélude et mort d'Isolde » par Wagner encore, mais du vrai, du pur cette fois. Et forcément, enfin, parce que ça devait arriver un jour, et qu’il aura fallu Wagner pour ça, le frissonomètre décolla pour la première fois à la Philharmonie…