« Laggies » a le privilège d’appartenir à ces films dont le titre en anglais a été traduit… par un autre titre en anglais : « girls only ». Certes, mais bizarre par rapport au film, et ne traduit pas l’idée essentielle de ces pas-si-jeunes paumés (surtout filles, ici, au premier rang desquelles notre héroïne Keira Knightley), qui ne peuvent que traîner au lieu d’affronter la-vraie-vie, celle qui est plutôt chiante, faite de déceptions ou au mieux de kitscheries-rites-de-passage, celle où il faut être sérieux et plus très drôle. Sortir de l’adolescence, mais comment ?

On avait les Tanguy. Mais il y a surtout maintenant cette génération qui se cherche, et qui même dans son propre appartement, avec son amoureux-de-longtemps, ne sait pas trop quoi faire. Certes elle existait aussi avant, mais la précarité n’était pas la même. Suffit-il de se marier pour y échapper ? Pas si sûr. Dans ses tournées nocturnes de traîneries, Keira-la-presque-trentenaire rencontre Cloë Grace Moretz, ado elle aussi un peu paumée, et dans leur paumerie commune elles se trouvent et cherchent leur chemin. La seconde a encore l’alibi pour elle, mais la première devra faire des choix-responsables, parce qu’il est loin, pour elle, ce temps…

Réalisé par Lynn Shelton sur un scénario d’Andrea Seigel, c’est une jolie histoire, avec un mélange de lassitude et de comédie (géniale séquence de la tortue, notamment). Un film fort recommandable.