Ciné-concert-Kubrick. 2001, a space Odyssey. À l’aube de Lola, le monolithe apparaît, et les pré-Lola (très poilus) jettent en l’air un os qui se transforme en basson, qui se transforme en vaisseau spatial. La plus belle transition musicalo-cinématographique de tous les temps.

Ça ne doit pas forcément être facile, pour l’orchestre, car l’Odyssey, c’est long et contemplatif : la moitié du temps, il n’y a pas de musique, et quasiment pas de dialogue — et quand il n’y a plus de dialogues du tout, ça passe à la musique, au Strauss (Johann, pour une fois, et Richard, évidemment, tadaaaaam !!), au Katchatourian (on n’entend jamais Gayaneh au concert, c’est une honte !) et à mon amour Ligeti. Accentus au fond, André de Ridder au front. C’était un concert par l’orchestre de Paris, mais un hors-série : il a fallu prendre une place de dernière minute, à 10€ — aucun soucis particulier. 2h50 en tout, idée étrange que de commencer encore et toujours à 20h30, un samedi.

Terminant par un beau Danube bleu en entier, le public ne sut trop s’il fallait applaudir à la fin du film, du générique ou à la fin du concert. Toute cette métaphysique a dû les perdre, d'autant qu'au bout d'un moment, on n'arrivait plus à se souvenir qu'il y avait un excellent orchestre pour assurer une aussi bonne bande son dans la grande salle transformée de la Philharmonie — si ce n'est que la présence de Lola nous subjugue autant qu'un monolithe dans le noir.