« Mustang » a été auréolé de fort bonnes critiques. C’est que le film de Deniz Gamze Ergüven est dans le bon moment moderne du combat pour les droits des femmes, et si encore une fois on se dit que l’office du tourisme turc ne doit pas être hyper content, il n’empêche que tous les acteurs et actrices sont aussi turcs que la réalisatrice et une partie des producteurs — ce qui n’est pas sans paradoxe, mais il semble qu’il soit sorti en premier en France, aussi pays co-producteur avec l’Allemagne. Mais au-delà de l’aspect politique, ce « Virgin suicide » à la Turque, comme il est dit, est avant tout un film sur la peur du désir féminin. C’est le vrai sujet, révélé par les psychiatres freudiens, est souvent très résumé par une idéologie féministe, par une guerre des sexes à la sauce moderne, ou par un conte dans une contrée où manifestement, il ne faut pas trop jouer avec les garçons, sous peine pour les cinq soeurs de se retrouver cloîtrée dans la cambrousse turque.

Doğa Zeynep Doğuşlu (la jeune Nur), Elit İşcan (Ece, la borderline), Tuğba Sunguroğlu (Selma, la bonne à marier), İlayda Akdoğan (Sonay, l’amoureuse aînée qui sait où elle veut aller) et surtout Güneş Nezihe Şensoy — Lale, la cadette qui dépote —, représentent cinq jeune beauté emmuraillée arrivant à l’âge où leur sexualité en cours d'éveil pose problème. Notons cependant qu’elle ne sont pas emburqanées, même si rapidement, pour contrôler leur sexualité qui point (OH OUI !!), on leur impose des « robes couleur de merde ». Au début, on nous fait croire que c’est la grand-mère (Nihal Koldaş) qui est la méchante ; mais en fait, elle couvre surtout pour son fils, l’oncle des orphelines (Ayberk Pekcan). Ça n’est pas si manichéen qu’il n’en paraît : il s’avère que les femmes certes perpétuent, mais ne sont pas si aveugles que cela. Et que parmi les hommes, bon nombre peuvent venir en aide aussi — et qu’ils ne sont pas mieux lotis côté mariage forcé…

Au final, c'est un fort bon film, et c'est surtout ça qui compte.