Keiichi Hara serait vu comme une sorte d’héritier de Ghibli. Son style est bien différent, mais il sait en effet faire des incursions du côté de l’imaginaire, du rêve, du fantasme, et brouille la limite avec le réel. En adaptant le manga « Sarusuberi » qui conte l’histoire d’Hokusai à travers sa fille aînée, O-Ei, elle aussi peintre (ce qu’on apprenait dans l’expo du Grand Palais, d’ailleurs, avec le fait aussi qu’une autre de ses filles était aveugle de naissance), il s’autorise à des incursions libres dans de le domaine du conte, tout en restant attaché à rentre une époque Edo parfaitement retranscrite.

C’est aussi et surtout le portrait d’une jeune fille déterminée qui vit dans l’ombre de son père en attendant une forme de reconnaissance, et qui tout en reconnaissant la sagesse qui lui manque, et en ayant conscience des lacunes (affectives) de son père, se refuse à l’amour et à l’érotisme auxquels elle fait (trop) savamment référence dans ses propres estampes (elle me fait penser à une autre demoiselle forte-tête qui devrait se reconnaître…).

Le manga fait plaisir à voir, il a ses lacunes, il n’est pas du genre à être revu comme d’autres, cependant.